La lutte continue

Cela fait seulement 8 mois que la Fédération marocaine de lutte est élue pour gérer cette discipline. Alors que son fonctionnement est à peine en phase de relance, voilà qu’une décision administrative vient l’interrompre en décidant sa dissolution et la création d’une commission de tutelle. Il s’agit en fait d’un article (22) qui autorise cette démarche, mais à condition de remplir deux conditions sans lesquelles on ne peut dissoudre cette fédération. D’autant plus que, selon la fédération, les dispositions de dudit article sont à titre limitatif. Ceci si et seulement si une violation, portant sur le statut ou l’activité sportive, est commise.
C’est partant de ce principe que les membres de la fédération de lutte ont contesté cette décision, décidant à leur tour de porter l’affaire devant la justice. Pour eux, rien dans la situation de cette discipline olympique ne justifie pareille décision et ils jugent son application abusive. Ceci, selon Mohamed Saiboub, président de la fédération de lutte, «parce que rien ne justifie la dissolution de la Fédération et encore moins la nomination d’une entité administrative de substitution…Nous vivons dans un Etat de droit et si des lois existent, elles doivent être appliquées à bon escient. Sinon c’est la jungle des copinages et des basses tractations à des fins politiciennes», rapporte le Matin. Une première dans les annales du sport national puisque jamais une entité fédérale n’a assigné en justice le Département de tutelle. D’autant plus que les résultats enregistrés depuis l’arrivée de la fédération en question plaident en sa faveur. Mais la disgrâce a été prononcée, et dans le plus grand secret.
Réagissant contre une telle «injustice», le président Saiboub a décidé de porter l’affaire devant le Tribunal administratif où elle suit son cours. La nouvelle commission provisoire, constituée de cadres du ministère de la Jeunesse et des Sports, s’est d’ores et déjà mise au travail. Pour cela, rapporte notre confrère le Matin, elle avait besoin que la passation des pouvoirs soit effectuée, chose à laquelle le président démis s’est opposé. Une réunion devait se tenir samedi dernier au complexe Mohammed V entre les membres de commission, par ailleurs provisoire, et les représentants de quelques clubs. Mais le président Saiboub a fait une nouvelle fois appel au recours judiciaire et un huissier se présenta à la salle de réunion pour suspendre la séance et la reporter jusqu’au jugement du Tribunal administratif.
Les tentatives des uns et des autres continuent pour avoir le dernier mot. Le bon déroulement d’une discipline où les Marocains se sont imposés pendant des années qui devra attendre…Godot.

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