La lutte s’intensifie

La lutte s’intensifie

L’information a été donnée par le quotidien The Guardian. L’athlète britannique Dwain Chambers se dope. Le co-détenteur du record d’Europe du 100 m (9.87) a été contrôlé positif à la tetrahydrogestrinone (THG) lors d’un contrôle inopiné le 1er août, alors qu’il se trouvait au camp d’entraînement à Sarrebrück (Allemagne). Quelques jours plus tard, il réussit à décrocher la médaille d’argent avec la sélection de son pays sur le 4×100 m aux Championnats du monde d’athlétisme à Paris/Saint-Denis. Si le second échantillon prélevé sur Dwain Chambers ce jour-là s’avérait également positif, le Britannique, âgé de 26 ans, pourrait être suspendu au moins deux ans, ce qui le priverait des Jeux Olympiques d’Athènes de 2004. Cette suspension pourrait être commuée en suspension à vie si la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) estimait que Chambers était impliqué dans un système de dopage généralisé avec d’autres athlètes. Jusqu’à mercredi, l’athlète s’est refusé à tout commentaire, de même que son agent, John Regis, ancien champion d’Europe du 200 m. Même si elle n’est pas encore confirmée, cette affaire de dopage suscite plusieurs remous dans les milieux athlétiques mondiaux. Et pour cause, la substance dopante, la tetrahydrogestrinone (THG) est un nouveau stéroïde anabolisant à structure modifiée, identifié pour la première fois la semaine dernière par le laboratoire de l’Université californienne d’UCLA. L’Agence américaine antidopage (USADA) avait annoncé la découverte de ce nouveau stéroïde synthétique dans des échantillons collectés lors des Championnats américains d’athlétisme 2003 ainsi que dans des échantillons prélevés hors compétition. Le laboratoire américain a décelé la THG grâce à l’analyse du contenu d’une seringue transmise anonymement par un entraîneur d’athlétisme. Indécelable jusque-là, la THG est un dérivé de la gestrinone officiellement interdite, ce qui permet aux autorités sportives d’infliger des sanctions en se basant sur des échantillons recueillis, y compris avant la mise à jour du produit. Le risque qu’il soit passé entre le filet des contrôles anti-dopage effectués par le passé est donc réel. C’est pourquoi la Fédération internationale a pris la décision de refaire de nouvelles analyses, axées essentiellement sur la détection de cette nouvelle substance, sur les urines prélevées lors des Mondiaux d’athlétisme de Paris. L’IAAF se basera sur un test mis au point par le laboratoire d’UCLA permettant de détecter cette substance, et qui a été mis à disposition généralisée depuis mardi dernier. «Ce test sera prochainement inclus dans les contrôles réguliers effectués par tous les laboratoires accrédités», a précisé l’Agence Mondiale Antidopage. Cette dernière vise par-là à faire passer un message fort : «on ne perdra pas de temps à attraper ceux qui trichent ou ceux qui croient qu’ils peuvent avoir une longueur d’avance sur le système», a déclaré son directeur général, David Howman.

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