La magie du Mondial

Le football, c’est magique. Pas seulement par l’attrait et l’engouement que suscite la balle ronde mais aussi par les pratiques et le recours et surnaturel pour aborder des matchs décisifs. Peu de joueurs ou de sélections résistent à la tentation de vouloir attirer sur eux la chance. Une chance souvent capricieuse, des pratiques qui marchent des fois. Suite à la honte qu’a provoquée la défaite du Brésil contre le Mexique lors de la Copa America 2001 en Colombie, le sélectionneur Luiz Felipe Scolari a décidé que, pour le prochain match, contre le Pérou, les Brésiliens abandonneraient leur traditionnel maillot auriverde pour la seconde tenue officielle au maillot bleu, par pure superstition. La Seleçao l’a emporté 2 à 0.
En Amérique Latine, les superstitions ont souvent une connotation religieuse. Ainsi, Alvaro Recoba, joueur vedette de l’Uruguay, emporte pour tous les matches une statue miniature de la Vierge de Lourdes offerte par sa mère. Les Mexicains se recommandent, eux, à la vierge de Guadalupe, patronne de leur pays. Les Brésiliens n’hésitent pas à arborer des tee-shirts portant des messages comme «100 % Jésus », ou « Jésus m’a donné ce but ».
Mais les plus superstitieux, et de loin, restent les Africains. Au point que, lors de la dernière Coupe d’Afrique des nations, en février 2002 au Mali, la Confédération africaine de football (CAF) a refusé d’accréditer les « conseillers » » qui accompagnent habituellement les sélections, et qui sont en réalité des sorciers. But avoué: éviter de donner au monde une image négative pendant le tournoi majeur du continent. Mais les pays qualifiés pour le Mondial 2002, comme le Nigeria, le Cameroun et l’Afrique du sud, qui n’ont jamais fait mystère de leur recours à la magie, ont contourné la difficulté en achetant à leurs sorciers des billets pour les matches.
En Corée du Sud et au Japon, l’heure sera à la discrétion. Les règlements interdisant les accessoires et les objets potentiellement dangereux, comme les bijoux, y seront appliqués à la lettre. Le capitaine anglais David Beckham devra donc laisser au vestiaire sa boucle d’oreille en diamant.
De même, tous les bracelets, colliers ou anneaux seront prohibés. Jusqu’aux alliances des joueurs, habituellement tolérées par les arbitres, que les joueurs devront cette fois retirer. Les joueurs ne devront pas porter un autre maillot ou tee-shirt sous la tenue officielle.
La FIFA ne veut pas voir de visages de Christ, de photos de bébés ni de messages à la famille, comme c’est devenu l’habitude à chaque but marqué. Mais parfois il suffit de faire preuve d’imagination. La bise de Laurent Blanc sur la calvitie de son gardien Fabien Barthez avant chaque match a plutôt bien réussi aux Français en 1998.

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