La même chanson

L’assemblée générale de la FRMF, tenue mercredi au siège de la fédération, aurait duré presque 12 heures. Réunion marathonienne pour jouer la même partition : lecture et approbation des rapports moral et financier.
Normal ! les jeux étaient faits. Le nom du président était connu d’avance puisque la reconduction du général Housni Benslimane n’est une surprise pour personne. Par contre, ce que l’on pourra retenir de cette assemblée, tant attendue et reportée à plusieurs reprises, c’est que le nouveau bureau sera élu prochainement.
Au sein de la fédération, la guerre bat son plein entre les membres du bureau actuel. Chacun veut voler la vedette à l’autre. Tous ont tenu, mercredi, le même discours, à savoir sortir notre football de son amateurisme en impliquant les différents acteurs de la vie politique et économique (Etat, collectivités locales, sponsors …). Autrement dit, mettre en place les bases d’une politique professionnelle du football. Les idées ne manquent pas. Et ce n’est pas Mohamed Aouzal, vice-président de la FRMF, qui dira le contraire. Mais avant de vendre ses projets de restructuration, il faudrait commencer d’abord par la mise à niveau des mentalités.
Certes, la FRMF est l’instance qui s’occupe de la gestion de la chose footballistique au Maroc, mais les clubs assument, eux aussi, une grande responsabilité dans la situation actuelle du ballon rond national. «Je me pose toujours la même question. Qui fait l’autre ? Est-ce que c’est la fédération ou les clubs ? », s’interroge une source proche de la FRMF. En investissant beaucoup plus dans l’équipe nationale, au détriment des clubs, la FRMF avait pour objectif de véhiculer une bonne image du Maroc en faisant appel aux professionnels, mais elle a fini par favoriser le développement de l’amateurisme au niveau de la gestion des clubs. Que ce soit pour les joueurs ou les dirigeants, représenter l’équipe nationale est devenu la priorité des priorités.
Conséquence : des joueurs locaux incapables de défendre les couleurs nationales dans les grands rendez-vous et des responsables, qui sont tout sauf de vrais dirigeants. A croire les propos d’Aouzal, il y aura plus de copinage. Dans la nouvelle vision de la FRMF, l’avenir du football national appartiendra, désormais, aux plus compétents. Les critères vont changer, les résultats aussi. Une stratégie déjà adoptée par Badou Zaki depuis son arrivée à la tête de l’équipe nationale et qui a levé le voile sur une réalité amère : laisser-aller laisser-faire. Si le Maroc a gagné une grande équipe capable de rivaliser avec les grosses pointures du football mondial c’est grâce à une gestion professionnelle des potentialités. Lors de la prise de ses fonctions, Zaki avait déclaré, net sans bavure, qu’il y avait de la place pour tout le monde, mais que la priorité était pour ceux qui la méritent. Fermeté qui lui a créé des ennemis, même parmi ses amis.
L’élection du nouveau bureau fédéral devra prendre en considération les mêmes critères : compétence et professionnalisme. L’autre point important lors de cette assemblée : la désignation d’un commissaire aux comptes permanent. Une nouveauté, signe de transparence et d’une ère nouvelle. Fini l’époque de la gestion calamiteuse des finances de la FRMF, semblent dire nos dirigeants. Après quatre ans d’activité, la trésorerie de la fédération est sortie déficitaire : plus de 34 millions de DH. Exercice au cours duquel deux entraîneurs se sont succédé à la tête du onze national, avec des budgets et des salaires à suer. Entre Kasperzak, Coelho et Zaki, la différence au niveau des résultats saute aux yeux. La comparaison entre les trois a fait l’objet d’une question lors de l’assemblée générale de mercredi. Question gênante qui n’a pas trouvé de réponse.

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