La proximité sur le terrain

La proximité sur le terrain

L’association « Action Jeunesse » du quartier des cheminots au boulevard Moulay Ismaïl à Casablanca fait partie du réseau associatif «Maillage». Samedi dernier, un événement de taille a eu lieu au quartier ONCF. L’inauguration d’un terrain omnisports et le parrainage de l’association par le footballeur Salah-eddine Bassir. L’espace inauguré est doté d’une enceinte en grillage. Deux terrains de basket et volley et un autre pour le mini-foot et le hand-ball. A l’issue de l’inauguration, deux conventions ont été signées par l’association « Action Jeunesse ». La première avec Bassir qui s’engage à parrainer l’association. Quant à la seconde, elle fut signée avec la Fédération Royale Marocaine de Hockey. Cette dernière s’engage à envoyer des formateurs de façon régulière, pour initier les jeunes intéressés par la discipline. La journée a été couronnée par une rupture de jeûne (F’tour) convivial qui a rassemblé des représentants de près d’une vingtaine d’associations. Toutes sont membres de Maillage, créées par des jeunes, pour des jeunes dans les quartiers populaires. La soirée a également connu la présence des autorités locales et une pléiade d’artistes et de figures du sport national, comme Bassir et Karim Alami. La comédienne très populaire et présidente d’honneur de Maillage, Naïma Lemcherqui, était aussi de la fête. Au cours de ce repas, elle a saisi cette occasion pour mettre en valeur les réalisations de ces jeunes et leur volonté à être au service de la nation. Mme Lemcherqui, fraîchement nominée au sein du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a saisi l’opportunité pour déclarer devant l’assistance que ces associations peuvent, dans le cadre de leurs activités, participer à la sensibilisation de la population des quartiers déshérités. Elle a proposé la création de deux cellules au sein de ces associations pour expliquer aux jeunes des sujets relatifs à l’émigration clandestine et, aux mères, le nouveau code de la famille. Il faut dire que les nouvelles générations impliquées dans ces activités sont très conscientes de ce qui les attend et savent parfaitement faire la différence entre l’instauration de la culture citoyenne et les campagnes occasionnelles dont se servaient les élus ou les agents d’autorité par le passé. « En fait, il ne s’agit pas d’une campagne. Nous savons tous que ce genre d’activité doit se transformer en un devoir quotidien de citoyenneté. Si cette action est initiée aujourd’hui en tant qu’événement à l’avenir, nous tenons à ce qu’elle fasse partie du quotidien de la population», déclare un jeune président d’association. «Malheureusement, poursuivit-il, si les gouverneurs et les présidents des communes sont sérieux et engagés envers nous par le soutien et l’écoute, il n’en est pas de même avec leurs subordonnés. Il existe toujours des poches de résistance et des mentalités stériles. Beaucoup d’activités sont souvent bloquées à cause d’un caïd, un pacha, un cheikh ou un moqaddem. Nous n’allons tout de même pas traîner les gouverneurs dans nos déplacements. Il est censé qu’après le soutien de ces derniers, les autres fonctionnaires suivent. «Les jeunes sont ainsi irrités, car ils ont longtemps souffert du syndrome des reports et des longues attentes. Le problème c’est que l’on ne demande pas de fonds ou quelque chose de nature matérielle». Ces paroles, émises en connaissance de cause, en disent long sur l’état moral d’une jeunesse désenchantée qui risque de reperdre confiance, et cette fois, pour de bon.

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