Laâlou, l’ange-gardien

Difficile d’entraîner les gardiens de but dans une équipe coachée par un grand keeper, qui, en plus, est de renommée internationale. Abdellatif Laâlou en sait quelque chose, mais il s’en est bien sorti. Au-delà de la simple relation de travail au sein du staff technique de l’équipe nationale, entre le coach des gardiens de but et le sélectionneur national Baddou Zaki existe une belle amitié. Parents, ils ont également en commun l’amour de la ville de Salé où ils ont grandi ensemble. Le duo a longtemps évolué au sein du club de la ville des corsaires, le jeune Zaki en tant que remplaçant du grand Laâlou, et ce avant le départ du premier pour le Wydad de Casablanca. C’était vers la fin des années 70.
La Coupe d’Afrique qui a eu lieu en 1980 au Nigeria, et au terme de laquelle le Maroc a glané la médaille de bronze, allait changer la destinée des deux hommes. Ironie du sort, le remplaçant est ainsi devenu titulaire et Laâlou devrait se contenter de garder la lucarne des Lions de l’Atlas durant une seule rencontre seulement. Son dauphin allait prendre la relève pour le reste de la compétition. C’était d’ailleurs le point de lancement d’une brillante carrière pour celui qui est devenu, par la suite, capitaine de la sélection nationale pour plusieurs années. Une réussite que Laâlou n’a cessé d’encourager.
C’était donc tout naturellement qu’après sá lésignation à la tête de la direction technique national, Zaki a fait appel à son ami. C’était loin d’être une complaisance mais une reconduction de Laâlou dans des fonctions qu’il a déjà assurées dans le staff de l’entraîneur français Henri Michel. Avant de partir pour la Tunisie qui a abrité du 24 janvier au 14 février la 24ème édition de la Coupe d’Afrique des nations, l’ancien gardien de but nourrissait l’espoir de voir les couleurs de son pays flotter très haut dans le ciel de ce pays maghrébin. Il voulait au plus profond de son coeur rééditer l’exploit d’Addis-Abeba en 1976, alors qu’il était le remplaçant de Hamid Hazzaz. « Beaucoup d’observateurs n’étaient pas confiants dans les chances de l’équipe nationale, surtout que son groupe au premier tour promettait des débats explosifs. Des doutes que notre premier match contre le Nigeria a vite balayés». En Tunisie, Laâlou a vécu doublement les victoires des lions de l’Atlas. C’est qu’il était le premier à fouler les pelouses des terrains où devaient avoir lieu toutes les rencontres des poulains de Baddou Zaki.
Contre l’Algérie par exemple, son apparition sur le terrain pour échauffement en compagnie des deux keepers internationaux Khalid Fouhami et Nadir Lamyaghri en l’occurrence. Ils étaient donc une cible parfaite pour les huées, insultes et jets de projectiles de la part du public algérien. La pression s’en est trouvée agrandie. «Difficile d’évoluer dans un terrain plein à craquer par un public algérien venu en masse supporter son équipe. Les joueurs en étaient affectés mais ils ont réussi à aller outre cette pression», a-t-il déclaré après ce quart de finale. En finale, le duo des keepers, Zaki et Laâlou, a refusé d’imputer la défaite face aux Aigles de Carthage au seul gardien de but. «Fouhami est l’auteur d’une excellente CAN. Ses interventions ont été pertinentes durant les six rencontres de l’équipe nationale. Il était pour beaucoup dans les précédentes victoires des Lions de l’Atlas ».
Ces propos ne sont pas ceux d’un coach qui veut soutenir son poulain coûte que coûte. Ce sont ceux d’un gardien de but expérimenté, rôdé aux compétitions africaines et qui, malgré une pointe de déception, ressent une grande fierté du parcours de ses joueurs.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *