Lacombe : «C’est extraordinaire»

Lacombe : «C’est extraordinaire»

ALM : Vous êtes au Maroc en tant qu’invité ou pour mission ?
Bernard Lacombe : On a voulu participer à cette fête d’aujourd’hui parce que, d’abord, il y a un jeune joueur qui sera récompensé et qui va venir passer une dizaine de jours chez nous. Quelle catégorie ? On verra s’il a 13, 15 ou 19 ans. Puis on va le mettre en contact et il viendra chez nous. Je pense que pour lui ça restera un grand moment. Quant à nous, on verra si ça pourrait être intéressant. Mais on peut dire qu’on a déjà le contact. Et c’est très important. Je connais un peu le Maroc. Quand j’étais directeur sportif de l’OL, durant mes toutes premières années, j’ai eu Aziz Bouderbala que je suis allé chercher au Matra Racing. Depuis, je suis de temps en temps le football marocain. Je pense que l’opération, en elle même, est très intéressante. Et comme ce soir, il n’y a pas de championnat, on a profité de cette opportunité pour venir assister à cette fête footballistique, avant de rallier, demain, Istanbul pour superviser le prochain adversaire de l’OL dans la Ligue des Champions, en l’occurrence Fenerbache.
Vous, en tant qu’ex-directeur sportif de l’OL, pensez-vous que ces jeunes joueurs ont les moyens de s’imposer à l’étranger, notamment en France ?
Il y a pas mal de joueurs marocains qui évoluent dans le championnat français et qui sont de bons éléments d’ailleurs. Seulement, pour des clubs formateurs, comme nous, si on peut prendre des jeunes vers l’âge de 14, 15 ou 16 ans, la seule chose qui est un peu difficile c’est leur déracinement. La cellule familiale est quelque chose de très important pour ces jeunes. Quand c’est des pros, c’est différent, mais quand c’est des gamins, ce n’est pas facile pour eux des moments. Déjà pour un jeune joueur français, ce n’est pas évident. Alors rendez-vous compte, un gamin qui n’est pas de la France, qui a ce handicap, en plus du facteur climatique et la barrière de la langue. Ce sont des choses auxquelles il faut penser. Par exemple, en France, on a des structures scolaires, des accords avec les lycées et les proviseurs pour avoir des horaires aménagés. Le but étant de libérer les joueurs pour leur permettre de s’entraîner. C’est le système sport-études qui nous permet de suivre à la fois leur progression scolaire et sportive.
Est-ce que vous avez déjà entendu parler de l’émission « Pied en or»?
Je suis en train de découvrir tout cela. Toujours est-il que ce soir il y a une ambiance extraordinaire, surtout quand on voit qu’il y a un monde fou dehors. Pour ce qui est de l’émission, et j’en ai parlé avec les encadreurs qui ont passé des mois à entraîner ces jeunes, je pense que ces gamins sont en train de vivre une expérience inédite. J’ai eu l’occasion de voir les joueurs qui ont été éliminés. Ils étaient complètement déçus et détruits. C’est toujours dur, c’est la vie, c’est comme ça. Les autres, on les a vus à l’hôtel. Je crois qu’ils n’imaginent pas ce qu’ils vont vivre. Ce qui est impressionnant c’est que ces joueurs, qui ne jouent pour aucun club, vont vivre la même ambiance d’un grand match de foot, à savoir le trac, la pression, le bonheur de réussir… C’est extraordinaire, tout cela. C’est quelque chose qu’ils ne vivront jamais de leur vie.
Est-ce que, au sein de l’OL, il y a de jeunes joueurs marocains ?
On vient d’arriver, on ne peut pas vous dire qu’on va prendre celui-là ou celui-là. J’étais à la Coupe d’Afrique des Nations à Bamako, au à Dakar et je peux vous dire que l’Afrique regorge de talents. Ce n’est pas le potentiel qui manque, ce sont, plutôt, les structures et les infrastructures.

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