L’affaire Chippo n’en est pas une

L’affaire Chippo n’en est pas une

ALM : Plus que quelques semaines pour la CAN 2004 en Tunisie, où en sont les Lions de l’Atlas ?
Baddou Zaki : Les choses se passent à merveille sur le plan moral comme sur le plan physique. Toutes les composantes de l’équipe nationale sont conscientes de la lourde responsabilité qui les attend en vue de cette coupe d’Afrique des Nations. Dieu merci, tous les effectifs sont en pleine forme, ni blessures, ni maladies, jusqu’à ce jour.
On continue de vous reprocher de favoriser les professionnels au détriment du joueur local carrément négligé. Que répondez-vous?
Je n’ai jamais envisagé un tel choix. J’en ai déjà parlé à plusieurs occasions. C’est la faute de la programmation des matchs locaux. Revenons-y en détail. Le match amical joué contre Trinidad &Tobago a eu lieu le 10 septembre. Une date où les joueurs locaux étaient encore en vacances, et le championnat national n’avait pas encore commencé. En ce qui concerne le match contre la Tunisie, il a coïncidé avec les demi-finales de la Coupe du Trône dans laquelle étaient engagés le WAC et le Raja. Puis nous avions la rencontre contre le Burkina Faso qui eut lieu en même temps que le match derby WAC-Raja, et enfin le match contre le mali est survenu la même semaine où se jouaient les matchs de coupes d’Afrique pour le Raja comme pour le WAC, et ce sont justement ces deux clubs qui comptent les éléments dont la sélection a besoin en cette période. Plus encore, il y a maintenant des rumeurs qui circulent à propos de la finale de la coupe du trône qui serait programmée le 11 janvier, et tout le monde sait que la sélection nationale part en stage de préparation le 10 janvier. Si cela se trouve, je me demande pourquoi cette programmation n’a pas pris en considération l’engagement de la sélection. Comment pourrai-je emmener des joueurs le 10 alors que leurs équipes comptent sur eux pour la finale qui n’aura lieu que le lendemain du départ. Ils doivent être en concentration avec le reste du groupe. De toute façon, moi je peux comprendre les contraintes et les conditions qui pourraient imposer une telle programmation. En revanche, il existe des poches secrètes qui aiment pêcher dans les eaux troubles. Si j’exige le départ des joueurs en même temps que l’ensemble du groupe, on m’accusera d’être derrière la privation d’une telle équipe de ses éléments-clés, ou de favoriser une équipe au détriment d’une autre. Si je renonce, c’est la campagne anti- joueur local. Voilà la réalité. Cependant, mon intention a toujours été de permettre à tout bon joueur local d’intégrer la sélection nationale.
Autrement dit, vous avez décidé d’intégrer des joueurs locaux sur votre liste?
Je n’ai encore appelé personne. Mais ma liste qui constitue la base est déjà établie. Il existe des joueurs locaux que je considère capables de s’intégrer rapidement au sein de l’équipe nationale comme Mustapha Bidodane, Nour-eddine Kacimi ou Faouzi Brazi. Ensuite il y a ceux qui ne peuvent s’intégrer qu’à moyen ou long terme, mais je les suis de trop près.
On lit également dans la presse que vous avez écarté Chippo sans raison apparente, qu’en dites-vous ?
D’abord j’ai entendu que ce joueur a annoncé son propre retrait de l’équipe nationale, et je respecte sa décision ainsi que toutes ses prises de position. C’est un joueur qui a énormément donné au Maroc et pour qui j’ai toujours eu beaucoup d’estime. Cependant, un joueur qui se respecte ne s’impose pas à la sélection de son propre chef, il faut qu’il travaille pour démontrer ses atouts et prenne en compte la responsabilité du sélectionneur national. S’il en fait un problème personnel c’est une marque d’immaturité. D’ailleurs Chippo a toujours figuré sur ma liste de base. Si j’avais jugé son apport important, je l’aurais immédiatement appelé. Et que dire d’autres professionnels qui ne font plus partie du groupe, comme Amzine, Ramzi, Boukhari pour ne citer que ceux-ci. C’est une mentalité qui ne doit pas sévir chez les joueurs de la sélection nationale, d’ailleurs elle n’a pas de place, car je ne peux accepter que l’on fasse fi de la responsabilité du sélectionneur national. C’est ce dernier qui encaisse quand les choses tournent mal, car en cas de réussite, c’est l’ensemble de l’équipe qui récolte les fruits.
Le programme des Lions avant le départ pour Tunis est toujours le même?
Oui, il n’y a pas de changement. Du 10 au 18 janvier, nous serons en stage au centre San Pedro, à Marbella en Espagne. Le 17 nous avons un match contre une équipe néerlandaise, avant de rentrer au pays le 18. Les joueurs feront un break le 19 pour casser un peu le carcan, puis c’est la concentration à Maâmora du 20 au 22. Le départ pour la Tunisie est prévu le 23 ; nous passerons ainsi trois jours avant notre première rencontre. En tant qu’entraîneur, je suis très confiant dans mes effectifs et je compte bien sur eux pour donner satisfaction au public Marocain qui voudrait renouer avec les exploits d’antan. C’est sur le terrain qu’il faudra juger le travail accompli depuis tous ces mois.

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