L’athlétisme à couteaux tirés

L’athlétisme à couteaux tirés

Que se passe-t-il au sein de la Ligue du Grand Casablanca d’athlétisme ? Règlement de comptes ou complot ? Une chose est sûre : huit membres, dont le secrétaire général, Chaâbouni Boucheib, ont présenté une démission collective. Raisons avancées : gestion anarchique et marginalisation délibérée de certains membres actifs du bureau.
Contacté par «Aujourd’hui Le Maroc», Mohamed Maâzaoui, premier vice-président de la Ligue du Grand Casablanca d’athlétisme, a fait savoir qu’il s’agit d’un groupe de personnes agitateurs qui n’ont rien à voir avec l’athlétisme. Cette tentative de putsch intervient quelques semaines, au mois d’avril dernier, après la tenue de l’assemblée générale extraordinaire suite à laquelle Haj Nooudir a été élu président pour un mandat de quatre ans. Ce dernier avait nommé un nouveau bureau, dont les huit membres démissionnaires faisaient partie. Selon Maâzaoui, lesdits membres, qui ne représentent aucun club et n’ont aucune activité athlétique, n’ont pas été à la hauteur de la mission qui leur a été confiée. «Nous avons alors décidé de mettre un terme à leurs fonctions», a expliqué Maâzaoui. Toujours selon ce dernier, tout a commencé lors du meeting du Raja de Casablanca, il y a deux semaines, quand les membres démissionnaires sont montés au créneau pour accuser de tous les mots les dirigeants de la Ligue du Grand Casablanca. Comme réaction, la Ligue a décidé de geler les activités de trois d’entre eux, dont un à vie.
Pour Tagmouss, président de la commission de l’information, c’est une autre version des faits. Selon lui, lors du marathon international de Casablanca, le président a mis à l’écart certaines personnes qui étaient les mieux qualifiées pour assurer le bon déroulement de cette compétition et a préféré faire appel aux services de certaines personnes qui étaient tout, sauf des connaisseurs en matière d’athlétisme. Ce qui est venu rajouter de l’huile au feu, c’est le semi-marathon international de Casablanca.
Tagmouss, qui n’est autre que le président de l’association qui a organisé cette course, voulait s’attacher les services des personnes victimes de cette manoeuvre. «Nous avons adressé une lettre à la Ligue lui demandant, en tant qu’instance responsable de l’athlétisme au niveau du Casablanca, de mettre à notre disposition les compétences de la Ligue. La réponse était que nous n’avions pas le droit d’organiser ce semi-marathon », a tenu à souligner Tagmouss. Une affaire qui a fait couler beaucoup d’encre. Récemment, une lettre a été envoyée à la FRMA l’avisant de ce qui se passe actuellement au sein de la Ligue.
«C’est à la FRMA de trancher. Nous n’avons pas encore reçu de réponse. Mais ce sera dans les quelques jours qui viennent», a déclaré ce dernier, avant d’ajouter que plus des 2/3 des membres du bureau, au nombre de 37, ont rendu leurs tabliers. À en croire ce dernier, et selon les textes en vigueur, une assemblée générale extraordinaire doit être convoquée dans les prochains jours. Tagmouss parle, plutôt, de la mise en place d’une commission provisoire dans l’attente d’une assemblée générale extraordinaire qui, selon lui, aura lieu au plus tard au mois d’août prochain.
Regroupant 47 clubs, dont 19 en sommeil pour reprendre les propos de Maâzaoui, la Ligue du Grand Casablanca est le noyau dur de l’athlétisme au Maroc. «La ligue n’a aucune gestion budgétaire, ni du temps. Rien n’a été fait par les dirigeants qui se sont succédé à la tête de cette instance. Et pour preuve, la plus grande ville du royaume ne dispose même pas d’infrastructures nécessaires à la pratique d’une discipline qui fait la fierté de tous les Marocains», a tenu à préciser Tagmouss. Fonctionnant avec un petit budget et de petits moyens, la Ligue du Grand Casablanca a toujours fait parler d’elle, comme celle du football. Affaire à suivre…

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