L’athlétisme, «sport le plus pro au Maroc»

Aujourd’hui Le Maroc : Quel est le programme de compétitions des athlètes marocains dans une année marquée par la tenue des Jeux Olympiques d’Athènes?
Aziz Daouda : Il y a d’abord les différents meetings auxquels les athlètes nationaux prendront part tout au long de cette saison. Je tiens à préciser qu’à ce niveau, la promotion d’un athlète, surtout quand il est au tout début de sa carrière, passe par ses participations à ces rencontres internationales. C’est pour cela que nos multiplions les contacts avec les organisateurs pour permettre au plus grand nombre d’athlètes de se mesurer au niveau mondial. Nous nous préparons également pour les championnats d’Afrique qui auront lieu en juillet à Brazzaville. Le même mois connaîtra également la participation des Marocains aux Championnats du monde juniors qui se tiendront en Italie. En août arrive bien évidemment le plus grand rendez-vous de cette année, les Jeux Olympiques d’Athènes.
Comment les athlètes nationaux se préparent-ils à ces échéances?
En athlétisme, nous avons une approche très professionnelle. Les athlètes se préparent 11 mois par an au sein de l’Institut national d’athlétisme à Rabat. C’est pour cela que nous n’avons pas spécialement de problème de préparation. La direction technique dispose tout le temps sous la main, d’un potentiel d’athlètes qu’elle gère comme elle veut.
Avez-vous déjà fixé la liste des athlètes qui prendront part à ces compétitions ?
Les règlements de la fédération internationale prévoient la publication de la liste de chaque équipe nationale 15 jours avant le début du championnat. Nous allons donc respecter cette règle. Pour ce qui est des Jeux Olympiques, 42 athlètes ont actuellement le minima olympique mais comme le CIO ne nous permet que trois athlètes par discipline, il nous est pratiquement impossible de les aligner tous. Un choix s’impose donc.
C’est pour cela qu’une trentaine d’athlètes uniquement défendront les couleurs nationales à Athènes. Les grands champions ne vont bien évidemment pas être délogés. Quant aux jeunes athlètes, ils auront à batailler dur pour mériter une place en équipe nationale.
Ce début de saison a connu la pulvérisation de nombreux records du monde dans les disciplines de fond. Quelle en est la raison à votre avis ?
Une avalanche de records du monde est un phénomène tout à fait normal en athlétisme. C’est un fait qui est beaucoup arrivé auparavant et qui ne manquera pas de se reproduire dans l’avenir. Cela est essentiellement dû à la préparation de l’athlète pour un événement aussi grand. Un record du monde est un événement athlétique qui n’arrive pas tous les jours. Plusieurs conditions doivent se réunir. La première est bien sûr un athlète de haut niveau, et c’est là une condition qui ne court pas les rues. La seconde se rapporte à la préparation physique et technique de l’athlète alors que la troisième est en rapport avec les conditions techniques dans lesquelles l’athlète évoluera le jour J. Pour revenir aux records du monde qui ont été pulvérisés ces derniers jours, je dirais que c’est un phénomène qui ne nous fait pas peur dans la mesure où un record du monde est fait pour être battu. Prenez l’exemple du record établi par Saïd Aouita sur le 5000m.
Le jour où cet athlète est descendu sous la barre mythique des 13 minutes, tous les observateurs croyaient vivre un événement extraordinaire. Une dizaine d’années à peine plus tard, ce record de Aouita est le 8ème temps sur cette discipline au Maroc.
Casablanca s’est présentée candidate à l’organisation des championnats du monde 2009. Où en est le dossier de candidature ?
La Fédération royale marocaine d’athlétisme est actuellement en phase de préparation du dossier technique de la candidature. C’est une sorte de formulaire que l’IAAF a établi contenant plusieurs indications d’ordre technique que les différents candidats doivent remplir. Le dernier délai pour le remettre à l’instance internationale est le 30 juin. Commencera par la suite notre campagne de promotion qui sera ponctuée par une visite des experts de l’IAAF en septembre ou octobre prochains. La décision finale sera prise en décembre 2004.
Vous avez été à Monaco pour la réunion technique avec les responsables de l’IAAF en présence des autres candidats. Comment évaluez-vous les chances de Casablanca ?
Plusieurs critères entrent en considération pour désigner la ville qui accueillera les mondiaux d’athlétisme. Il y a d’abord le paramètre sportif que notre candidature n’a pas besoin de faire connaître au monde entier, puisque les performances de nos athlètes parlent d’elles mêmes. L’IAAF prend également en compte la capacité organisationnelle de chaque pays. Et à ce niveau-là, le Maroc a prouvé qu’il est capable d’organiser de grandes manifestations dans de meilleures conditions. La fédération internationale garde en tête les championnats du monde de cross-country que Marrakech a organisés en 1998, les meilleurs selon de nombreuses personnalités de l’athlétisme mondial. D’autres indices entrent, en outre, en jeu, à savoir l’infrastructure de la ville, le mode de vie de ses habitants, sa structure socio-économique…

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