Le balon rond comme ciment patriotique

Si les rêves de finale de l’Allemagne se sont envolés, la Coupe du monde lui aura au moins permis de renouer avec un certain patriotisme, notion maniée avec précaution par les Allemands depuis la Seconde Guerre mondiale.
Après les deux buts italiens qui ont mis fin au parcours de la Mannschaft, nombre de drapeaux noirs, rouges et or ont été remisés au placard. Mais à Berlin, les couleurs de l’Allemagne flottaient encore sur certains balcons ou aux vitres des voitures, signe d’une fierté retrouvée après des années passées à camoufler ses sentiments patriotiques. «Les Allemands s’identifient à leur pays et au drapeau national et je pense que c’est bien», a confié le président Horst Koelher au très populaire quotidien Bild. Les responsables allemands espèrent qu’après cette Coupe du monde, l’image de leur pays va s’améliorer à l’étranger et que les derniers a  priori sur la nation responsable de la Seconde Guerre mondiale et de l’Holocauste vont être balayés. Le nombre d’Allemands vivant avec les souvenirs de cette période diminue et les jeunes générations n’ont plus les mêmes sentiments vis-à-vis de leur nation ou de leur drapeau. Mais l’effusion nationaliste n’a jamais été aussi forte que lors de cette compétition, estiment les experts.
«Nous avons ressenti cet agréable sentiment d’une conscience nationale, peu connu des Allemands, cette idée de s’identifier à l’hymne ou au drapeau national, c’est nouveau», explique le spécialiste des sondages, Klaus-Peter Schoeppner.
Selon lui, si l’élan d’exaltation lié au Mondial finira par disparaître, il ne faut pas sous-estimer la bonne impression laissée aux visiteurs, aux téléspectateurs et aux journalistes.
«Avec cette Coupe du monde, les étrangers ont l’impression que les Allemands ont réussi à effacer les derniers résidus de honte liés à la Seconde Guerre mondiale».
Pour Schoeppner, cela pourrait permettre à l’Allemagne de se débarrasser définitivement de l’idée que le pays doit composer avec une large part de rouspéteurs.
«La Coupe du monde coûtera trop cher, les stades sont dangereux (…), l’Allemagne n’a aucun intérêt! C’est ainsi que les pessimistes professionnels ont tenté de ruiner l’ambiance juste avant le Mondial», a ainsi écrit Joerg Qoos dans un éditorial du Bild Zeitung.
«Mais les Allemands en ont remontré à tous les Cassandre et autres angoissés pathologiques! (…) Et maintenant, que la fête continue!»

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