Le Bayern sur le toit du monde

Devant un stade National de Tokyo plein, les deux formations commençaient timidement la rencontre. L’opposition évidente de styles n’offrait pas le spectacle escompté. D’un côté la rigueur allemande ne laissait pas de place à la créativité, de l’autre la recherche de l’exploit individuel rendait le jeu peu fluide, et les accélérations par à-coups ne donnaient aucun rythme à la rencontre. Les coéquipiers de Willy Sagnol ne semblaient pas trouver la bonne carburation. Les lignes, trop espacées, n’offraient pas de solutions offensives et les milieux de terrain tentaient des frappes lointaines sans conséquence. À la 27e minute, Schelotto, lancé en profondeur se présentait seul devant Kahn, mais le gardien anticipait et sortait de sa surface pour couper la trajectoire. Boca prenait alors le jeu à son compte et ses enchaînements courts déstabilisaient une défense peu mobile. Deux minutes plus tard, Schelotto chipait la balle à Kuffour et décalait Delgado qui frappait. Son tir, totalement dévissé, passait largement à la gauche du poteau. L’attaquant venait de faire parler de lui pour la première et dernière fois. Après un premier carton jaune pour contestation (18e), le joueur était expulsé pour simulation dans les arrêts de jeu de la première période. Les deux équipes rentraient aux vestiaires sur un score nul et vierge. La seconde période reprenait sur les mêmes bases. Les deux équipes ne voulaient pas se livrer et le match se déroulait au milieu de terrain. L’arbitre ne chômait pas et les fautes se succédaient. Pas moins de sept cartons jaunes étaient distribués depuis le début de la rencontre. Les coéquipiers de Lizarazu monopolisaient alors la possession du ballon et s’installaient dans le camp adverse. Les Bavarois ne trouvaient aucune solution en profondeur et faisaient tourner la balle à l’entrée de la surface. En face, Boca Juniors, regroupé en défense, procédait par contre. Il fallait attendre la 81e minute pour voir la première occasion dangereuse de la seconde période. Pizzaro s’infiltrait dans la défense et frappait au but. La balle était sortie de justesse du pied gauche par Cordoba. La fin du match était alors à sens unique, le Bayern assiégeait les Argentins qui ne lâchaient rien. L’arbitre sifflait la fin du match et l’on se dirigeait vers les prolongations. Rien ne pouvait arrêter le rouleau compresseur munichois. D’entrée, sur un centre d’Elber, Pizzaro décroisait une tête au ras du poteau (94e). Le pressing se faisait de plus en plus intense, et à la 109e, Kuffour inscrivait le but libérateur. Sur un corner, Cordoba, jusqu’ici impeccable, était un peu trop court. La défense cafouillait et le Ghanéen seul à deux mètres des buts ne manquait pas la cage (1-0). Boca Junior, dépité, tentait de réduire le score, mais sans succès. Les favoris de Beckenbauer pouvaient brandir un nouveau trophée.

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