Le cadre national a besoin des moyens

Le cadre national a besoin des moyens

ALM : Tout d’abord, que pensez-vous du match Maroc-Tunisie?
Abdelhaq Mendoza: Sincèrement, dans ce match nous avions d’une part, une équipe jeune et d’autre part une pression atroce. Le but prématuré, encaissé par la sélection nationale, à cause d’une erreur de marquage, a bouleversé toutes les cartes de Zaki.
Après l’égalisation par un très beau but, nous avons repris les devants. Mais à la seconde mi-temps, un autre but prématuré a secoué l’équipe nationale.
Le seul point noir du match, c’est l’arbitre sénégalais qui en a été la cause. Grâce à des subtilités techniques, que seuls les professionnels peuvent déceler, il a soutenu l’élan de l’équipe tunisienne. En outre, il ne faut pas oublier que tout au long du premier tour, la Tunisie n’a joué qu’un seul match par semaine, alors que le Maroc en jouait deux par semaine. En fait, les pays africains ont cette fâcheuse tendance à vouloir remporter la coupe, par n’importe quel moyen, lorsqu’ils l’organisent chez eux. Le Maroc est l’un des seuls pays à ne pas s’adonner à ce genre de pratiques. Et la CAN 1986 en est une preuve.
La CAN 2004 constitue-t-elle pour vous une renaissance des cadres nationaux?
Effectivement. Même si nous n’avons pas remporté la coupe, nous pouvons être fiers d’avoir construit la meilleure équipe d’Afrique. Ce n’est pas uniquement mon avis, mais celui de tous les observateurs internationaux qui rappellent, à chaque reprise, que la sélection marocaine est dirigée par un cadre marocain d’une grande valeur. A cette occasion, je félicite l’entraîneur Baddou Zaki. Sans oublier, le préparateur physique, Milani, ainsi que le Dr. Zahi, Laâlou, Benacer et tout le staff technique de la sélection nationale. Grâce à ces compétences marocaines, nous avons une excellente équipe nationale qui peut évoluer jusqu’en 2010 et même après.
Que faut-il faire pour garder ce cap?
C’est une question de confiance, en premier lieu. Les dirigeants doivent être conscients que le Maroc recèle de cadres valables et compétents. Ces dirigeants doivent les motiver et leur assurer un climat sain pour que nos cadres puissent travailler en toute sérénité. Aussi, les mêmes moyens financiers et matériels offerts aux entraîneurs étrangers doivent être mis à la disposition des cadres marocains. Malheureusement, au Maroc on dit souvent qu’un entraîneur marocain doit se débrouiller tout seul. Quand il perd un match ou deux, tout le monde l’assomme de critiques. On trouve toujours des prétextes pour expliquer les échecs des cadres étrangers qui dirigent des équipes marocaines, chez nous, l’entraîneur marocain n’est pas protégé.
Que pensez-vous de la relève de l’équipe nationale?
Grâce à l’équipe junior, Fathi Jamal a réalisé un grand exploit en Chine, sachant qu’il n’a eu que 48 heures pour préparer son équipe. Même chose pour Mustapha Madih, avec lequel l’équipe olympique a remporté le tournoi de l’amitié au Qatar. Pourtant, les Marocains ont joué contre l’équipe coréenne dont pratiquement tous les membres ont joué la Coupe du monde 2002. C’est pour toutes ces raisons que mon principal message aux dirigeants est: « faites confiance en nos talents nationaux et aidez-les ».
De quel type d’aide parlez-vous?
C’est très simple, il suffit de suivre l’exemple que SM le Roi a donné. Le Souverain a lui-même décoré les Lions. Mieux, il a choisi cette occasion pour effectuer la première sortie médiatique du Prince héritier, Moulay El Hassan. C’est un message on ne peut plus fort.
Qu’en est-il, maintenant, de nos chances pour 2010?
Nos chances sont de plus en plus grandes. Nous avons un dossier solide. Lors de manifestations de joie pour les exploits de l’équipe nationale, des centaines de milliers de personnes sont sorties dans les rues, de Tanger à Lagouira. Pratiquement aucun incident n’a été signalé. Le peuple marocain a prouvé qu’il était passionné et discipliné. La FIFA a certainement pris acte de cela. Aussi, le Maroc a été le premier pays arabe et africain, à se distinguer dans l’athlétisme féminin et masculin, à participer à la Coupe du monde, à atteindre le deuxième tour et à se porter candidat pour l’organisation d’une Coupe du monde.

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