Le Cameroun fait la gloire d’un village japonais

Trois mois après la fin de la Coupe du monde, le plus petit des 27 sites d’accueil, qui avait reçu l’équipe du Cameroun, séduit toujours des centaines de touristes venant le visiter et acheter souvenirs et produits agricoles. « On s’est dit: si la Coupe du monde doit passer par le village, il faut apporter notre contribution », raconte Yumiko Goya, bénévole et femme au foyer de 52 ans. « De nombreuses femmes âgées sont venues au bureau (organisateur) et ont dit: Je ne peux pas bouger, mais y a-t-il quelque chose que je puisse faire? »
Le village est pourtant en phase accélérée de vieillissement puisque 40% des habitants ont plus de 65 ans, et que leur nombre est tombé de 7000 âmes avant la seconde guerre à 1362. Pendant le Mondial, il était constamment décoré de fleurs et banderoles vert, jaune et rouge, couleurs du Cameroun. En février, Shunsuku Hase, manageur du Taio Sports Center, où l’équipe du Cameroun s’est entraînée, est venu en France pour voir le site d’accueil du Cameroun de 1998 et a aussi visité ce pays pendant une semaine. « Quand nous avons accompagné l’équipe (à sa première rencontre), c’était comme emmener son fils ou petit fils à un match », commente Mme Goya.
Les images des villageois retenant leur souffle lors des matches ont été diffusées à travers tout le Japon.
Aujourd’hui, les touristes affluent pour voir le lieu où s’entraînait l’équipe, ainsi qu’une ancienne mine d’or où le nombre de visiteurs est en hausse de 40% sur un an. Les souvenirs du Cameroun, chapeaux ou boîtes à bentô (casse-croûte) aux couleurs du pays, se vendent par centaines. « L’impact économique est immense », explique le gérant de la mine Hironori Yoshimoto, relevant une hausse des profits de 60 millions de yens (environ 500.000 euros) par rapport à 2001. « Je veux garder un oeil sur l’équipe du Cameroun jusqu’à la Coupe d’Allemagne 2006.
« Les demandes pour utiliser le Taio Sport Center ont doublé depuis l’année dernière et il a dû refuser du monde cet été, explique M. Hase. Et les drapeaux du Cameroun flottent toujours sur la mairie.
« Que nous ayons pu être lieu d’accueil fut déjà un grand succès pour nous, mais que nous soyons devenu un site touristique par-dessus le marché est une chose à laquelle nous ne nous attendions pas », s’enthousiasme le maire Yasumu Sakamoto.

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