Le confort du statu quo

Le confort du statu quo

Les Jeux Olympiques d’Athènes finis, la question de la gestion provisoire de la Fédération royale marocaine d’Athlétisme vient occuper, encore une fois, les devants de la scène sportive nationale. D’abord, à travers le bilan de la participation marocaine.
De tous les athlètes qui ont pris part aux olympiades, seuls Hicham El Guerrouj et Hasna Benhassi ont fait la fierté de tous les Marocains. Les autres, Zhor El Kmech, vainqueur du marathon de Rotterdam, et Abdelkader Mouaâziz, double vainqueur à Londres et New York, n’ont pas fait le voyage à Athènes. Et ils avaient leurs propres raisons. La première, encore touchée par la disparition tragique de son époux dans un accident de voiture, s’est dite avoir été mise à la marge par les responsables de la FRMA. Le second, lui, a été complètement ignoré, avant que le directeur technique national ne fasse appel à lui au dernier moment. Touchés dans leur orgueil, ils ont dû renoncer au dernier moment. À quelques jours de la clôture des JO, une autre affaire est venue ajouter de l’huile au feu. Celle de l’athlète marocain Ismail Sghir, naturalisé français. Pour la première fois dans les annales du sport marocain, un athlète marocain, après avoir beaucoup donné à son pays, compte entamer une procédure judiciaire contre l’ex-fédération, pour l’avoir lésé durant toutes années où il a défendu le maillot national. Affaire de sous, mais aussi de dignité. Et il n’y a pas que les athlètes qui en ont ras le bol. Certains responsables aussi. Las, l’un d’entre eux a menacé, dernièrement, de démissionner de son poste si la FRMA ne tient pas son assemblée générale le plus tôt possible. Il y a presque deux mois, le président de la FRMA, M’hamed Aouzal, avait fait savoir que l’assemblée générale de la FRMA aurait lieu au mois de septembre prochain. Nième report qui, selon ce dernier, trouve son explication dans deux éléments.
D’abord, la contrainte des Jeux Olympiques. Autrement dit, convoquer une assemblée générale avant les olympiades aurait créé des remous. Le deuxième élément, lui, se rapportait à la candidature de la ville de Casablanca pour abriter les championnats du monde d’athlétisme de 2009. Les Jeux Olympiques ayant été terminés et la candidature marocaine rejetée, l’heure est venue pour sortir l’athlétisme du provisoire et lui donner toute sa légitimité. Comme l’avait déclaré Aouzal, il est temps, vu le contexte actuel marqué par la restructuration du sport national, de mettre en place une vision plus claire de l’athlétisme national. Prévue à deux reprises, l’assemblée générale a été reportée soit pour des raisons de calendrie,r soit suite à la décision des différents ministres de la jeunesse et des sports, qui se sont succédé à ce poste, de repousser ladite assemblée. À rappeler que la commission chargée de la gestion de l’athlétisme a été mise en place le 20 août 2000, à la veille des jeux olympiques de Sydney. Plus que jamais, l’athlétisme national, comme toutes les autres disciplines, a besoin d’une vraie politique. D’autant plus que tous les ingrédients pour le développement de ce sport sont réunis. À commencer par les jeunes athlètes qui rêvent, tous, de faire un jour comme El Guerrouj. Les moyens financiers ne manquent pas, ou manquent peu. Outre celui de l’Etat, la FRMA a le soutien d’un sponsor de marque : l’équipementier américain Nike. Quelque 500 000 dollars alimentent chaque année les caisses de la FRMA, six fois plus ce que perçoit la FRMF.
Dernièrement, un budget a été alloué à l’extension du centre national d’athlétisme. Objectif : doubler la capacité d’accueil des athlètes. Les travaux sont en cours de finalisation et le projet sera bouclé d’ici la fin de l’année. À cela s’ajoutent les cadres techniques marocains. Le Maroc regorge de techniciens rodés et confirmés de haut niveau : Aouita, Kada, Boulami, Boutayeb…. D’ailleurs tous les grands champions marocains, Hicham El Guerrouj, Nezha Bidouane, Amina Aït Hammou, Jawad Gharib, Zhor El kmech…., sont encadrés par des techniciens marocains. Terre de grands champions, le Maroc fait partie des grandes nations d’athlétisme au monde, malgré la « fuite des jambes ». Ce phénomène, qui se limitait auparavant à de simples athlètes, touche aujourd’hui des sportifs de haut niveau : Moughit, Sghir, Khanouchi, auteur de la meilleure performance mondiale de tous les temps au marathon, Rachid Ramzi, naturalisé Bahreïni, Mustapha Ryad, Nadia Jabni, Rachid Khouya, Abderrahim El Houzy, Driss El Himer, Hind Chrif Dehiba, Hassan Lahssini, Rkiya Maraoui… La liste est longue. Il ont été tous victimes d’une gestion hasardeuse qui a trop duré. Une gestion dont le monopole est détenu par un seul homme : Aziz Daouda, le directeur technique national.

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