Le cricket à l’honneur

Le cricket à l’honneur

Batte à la main, casque et autres protections à divers endroits du corps, les joueurs marocains de cricket s’étaient donnés rendez-vous pour une ultime communion. Dans les pitchs, on recensait l’association Wifaq sportif de Casablanca et le Stade Marocain de Rabat, en lice pour le prestigieux trophée. Auréolé du titre de premier champion du Maroc de cricket, qu’il s’est récemment adjugé, le Wifaq prouvera sa suprématie en la matière et réalisera un doublé historique, en s’adjugeant la Coupe du Trône 2002-2003. Un titre remporté, toutefois, de justesse si l’on se réfère au score (67-66). Le Stade Marocain a été le premier à passer à l’offensive, durant la première confrontation (inning) de la matinée, en la disputant en tant que «Batting team». Pour le commun des mortels, cela signifie tout simplement que le Stade Marocain avait disposé deux joueurs sur le terrain, les «batsmen» ou batteurs. Dans ce cas de figure, les batsmen du Stade Marocain avaient l’opportunité de marquer des points contre les joueurs du Wifaq, au nombre de onze sur le terrain. Lors de cette confrontation, le Wifaq est alors dit «Fielding team». Le Stade Marocain ne tirera pas pour autant profit de son statut «d’assaillant», puisqu’il ne marquera, au bout du compte, que 66 points. Un score jugé faible par les experts en la matière, qui estiment que dès lors que le «Batting team» marque un score en deçà de 100 points, son sort est tout bonnement menacé, pour ne pas dire voué à l’échec. Ce qui se confirmera par la suite, quoique le Wifaq n’ait pas exploité, comme il se devait, la modeste prestation du Stade Marocain. En effet, lorsque le Wifaq engage ses deux batsmen sur la pelouse, lors du second inning, la prestation de ceux-ci fut un brin meilleur que celle du Stade Marocain, puisque les Casablancais marqueront à peine 67 points, soit un tout petit point de différence sur leurs adversaires, sortis à un soupçon de la victoire. Une victoire néanmoins méritée pour le Wifaq, qui prouve ainsi que s’il a remporté le 1e Championnat du Maroc de cette discipline angliciste, ceci n’était point le fruit du hasard, puisqu’il vient de récidiver avec le trophée prestigieux qu’est la Coupe du Trône. Les connaisseurs présents surplace ne nieront pas, non plus, l’excellente prestation des joueurs du Stade Marocains qui, disent-ils, était de très haut niveau et attestait d’une bonne maîtrise de la discipline. Le grand gagnant étant, en fin de compte, le cricket marocain. Pour leurs qualifications en finale, le Wifaq Sportif de Casablanca et le Stade Marocain avaient disposé de deux autres formations non des moindres. En effet, le Wifaq doit sa qualification en finale à l’association HIST Cricket, dont il a disposé le 20 juillet dernier. Il est à noter que le club HIST est la nouvelle appellation de l’Association Marocaine de Cricket, créée en 1998 et placée en 2001 sous la tutelle du HIST (Société Hercule Internationale Sport de Tanger), partenaire officiel de la Fédération royale marocaine de cricket. Quant au Stade Marocain, celui-ci a réalisé sa qualification sur le compte de l’Association Sportive de Salé, c’était le 13 juillet courant. Par ailleurs, le cricket a fait son apparition au Maroc en 1991, par le biais des étudiants du British Council, ainsi que des employés des missions diplomatiques anglaise, pakistanaise et hindou, qui furent les premiers à le pratiquer au sein du Royaume. Le cricket a, au demeurant, fait des pas de géants et ne cesse de charmer de plus en plus d’adeptes. Le Maroc recense aujourd’hui huit clubs de cricket, répertoriés ci-après selon leur date de création. En l’occurrence, il s’agit du Rabat Cricket Club, premier ayant vu le jour, c’était le 15 décembre 1991, suivi du Rabat Amal Cricket Club, mais l’activité de ces deux pionniers est gelée actuellement. Naquirent ensuite le FUS, le Stade Marocain, l’Association HIST, l’Association Attanmia Riadia, l’Association Wifaq de Casablanca, l’Union Sportive Yaâcoub Mansour, l’Association Sportive de Salé et finalement l’Ittihad Riadi de Tanger. Un foisonnement de club qui atteste qu’un pays francophone peut, avec aisance, adopter une discipline jusque-là réservée aux seuls pays anglophones.

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