Le cricket fait ses débuts au Maroc

ALM : Le cricket au Maroc. À quand remonte son introduction?
Moha Boujlil : Le sport ne connaît pas de frontières. Ceci étant, le cricket est apparu au Royaume en 1991, lorsque des étudiants du British Council, ainsi que des employés des missions diplomatiques anglaise, pakistanaise et hindou ont commencé à le pratiquer chez nous.
Le Maroc allait faire ses premiers pas dans ce domaine le 15 décembre 1991, date coïncidant avec la création du Rabat Cricket Club, première association du genre. À cette époque, les néophytes se rendaient au terrain de l’Ecole américaine pour s’adonner à leur nouvelle passion. Lorsque les amateurs sont devenus nombreux, on nous a concédé un terrain gazonné, situé dans l’espace Hilton. Le terrain en question sera ultérieurement mis à la disposition du FUS.
Le deuxième club à voir le jour est le Rabat Amal Cricket Club, c’était le 17 mai 1995. le FUS créa son propre club le 7 avril 1996. l’Association Marocaine de Cricket, placée sous l’égide de l’égide du HIST (Société Hercule International Sport de Tanger), viendra renforcer les rangs du cricket marocain le 18 décembre 1998. Elle deviendra l’Association HIST Cricket en 2001. Naquirent ensuite l’Association Attanmia Riadia, l’Association Wifq de Casablanca, l’Union Sportive Yaâcoub Mansour, la Section Sportive de Salé et en fin l’IRT.

Les premiers pas de ce sport ont dû être ardus ?
Certes, au tout début, tout chemin est parsemé d’embûches. Nous avons cependant sereinement assuré le nôtre. Douze ans après avoir atterri au Maroc, le cricket a fait des pas de géant. J’estime que le résultat auquel nous sommes arrivés aujourd’hui, en dépit des moyens modestes dont nous disposons, atteste que nous avons su enjamber toutes les difficultés. Justement, à propos de débuts, je me souviens allègrement d’une petite anecdote : «un jour où nous étions en train de disputer une partie, notre attention fut attirée par un bonhomme qui est resté figer devant notre spectacle.
Au fait c’était un Emirati qui n’en revenait pas de voir une partie de cricket, réputé pour son «anglophonie», disputée dans un pays francophone. Il nous avait encouragé et nous avait promis une contribution, consistant à l’envoi du  matériel. Bien évidemment, nous ne l’avions pas pris au sérieux et avions rapidement oublié l’histoire.  Deux mois plus tard, l’ambassadeur du Pakistan nous contacta pour nous informer qu’un certain Abdurrahmane Bukhatir, Emirati d’origine, nous a envoyé du matériel. Nous ne croyions pas nos oreilles, l’étrange admirateur était sérieux. C’était le début d’une grande histoire et je puis vous assurer que le cricket au Maroc doit beaucoup à cet homme.

Un mot sur le tournoi international de Tanger qui  est à sa deuxième édition ?
Les préparatifs vont bon train et nous ferons tout pour que l’édition de cette année soit aussi réussie, sinon mieux que la précédente. Nous avons convié pour cette édition les équipes d’Australie, d’Inde et les West Indies des Antilles.
Le tournoi se déroule dans un terrain de 9 hectares, dans le golf de Tanger, le premier à répondre aux normes de fédération internationale (International Cricket Council).
Un accord de partenariat nous lie en fait à la société HIST, à la tête de laquelle il y a notre ami Bukhatir, qui s’engage à nous fournir le matériel nécessaire, en échange, nous nous engageons à oeuvrer pour le développement du cricket.  
Le tournoi, auquel avait pris part les trois meilleures équipes du monde, à savoir le Pakistan, le Sri Lanka et l’Afrique du Sud, était doté de 250000 dollars. 400 VIP s’étaient déplacés à Tanger pour y assister. De plus, il était retransmis en direct de 9h à 18h, par la chaîne Tensport, à plus d’un milliard de téléspectateurs. La chaîne diffusait également des spots sur Tanger et le Maroc.

Le «Daily Telegraph» australien  fait état du désistement de l’Australie. Qu’en est-il au juste ?
C’est complètement faux car nous n’avons reçu aucune annulation officielle. Si vraiment c’était le cas,  l’équipe australienne nous en aurait informé sans attendre.
Cela n’aura cependant aucun impact sur le tournoi, au cas où l’Australie se retirerait, car nous convoquerons tout simplement une autre équipe, qui soit, bien entendu, parmi les dix meilleures sélections mondiales. Nous avons par ailleurs eu la confirmation des West Indies.

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