Le dopage gangrène le football italien

Une véritable épidémie de contrôles positifs à la nandrolone, l’une des substances dopantes les plus utilisées, frappe le Championnat d’Italie de football depuis l’automne 2000. Le nom du milieu de terrain espagnol de Brescia, Josep Guardiola, s’ajoutant à une liste de dix joueurs accusés de dopage. Outre Guardiola, le Néerlandais Jaap Stam (Lazio Rome), son compatriote Edgar Davids (Juventus Turin), Fernando Couto, le défenseur international portugais de la Lazio Rome, le gardien belge Jean-François Gillet (Bari) et les Italiens Stefano Torrisi (Parme), Christian Bocchi, Salvatore Monaco, deux joueurs de Pérouse, Andrea da Rold , Nicola Caccia et Stefano Saccheti, tous deux de Piacenza , ont été testés positifs à ce stéroïde anabolisant. Autre élément troublant dans ce dossier, Stam est le troisième international néerlandais, après Davids et Frank de Boer (FC Barcelone), en mars dernier, à subir un contrôle positif et ce quelques jours après avoir disputé un match sous le maillot de la sélection des Pays-Bas. Pour la plupart, tous ces joueurs, qui clament leur innocence et bénéficient du soutien sans réserves de leurs clubs, ont écopé de quatre ou cinq mois de suspension. La Fédération italienne, souvent accusée d’avoir fait preuve d’un certain laxisme jusqu’à présent en diminuant les peines en appel, pourrait être encline à se montrer plus sévère. En vertu notamment du nouveau règlement antidopage adopté par le Comité olympique italien (CONI). Reste à déterminer l’origine de tous ces contrôles positifs. La ligne de défense invoquant la présence de nandrolone dans certains compléments alimentaires est le plus souvent mise en avant par les joueurs. Même si certains avancent des arguments beaucoup plus insolites comme la consommation de viande de sanglier… Dans les milieux médicaux, on souligne toutefois que la nandrolone, dont l’utilisation permet notamment de gonfler la masse musculaire et de mieux supporter la fatigue, suscite un regain d’intérêt de la part des candidats au dopage depuis qu’elle peut être absorbée par voie orale. La prise de nandrolone sous forme de comprimés, au lieu des traditionnelles injections, permet, en effet, à l’organisme de l’éliminer beaucoup plus rapidement et de limiter ainsi les risques de contrôle positif. Les investigations menées par Raffaele Guariniello, un magistrat du tribunal de Turin chargé depuis trois ans du dossier du dopage dans le Calcio, devraient permettre d’apporter des éléments de réponse.

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