Le Foot en mal de relève

Le Foot en mal de relève

Au Maroc, il n’existe que quatre centres de formation pour jeunes footballeurs : ceux des FAR, du Raja, de l’Olympique Khouribga et de l’IZK qui fonctionnent selon la formule sport-études.
Quatre clubs seulement parmi les 16 qui évoluent en championnat de première division du Groupement national de football Elite (GNFE) ont donc les moyens de s’offrir cette infrastructure, pourtant indispensable pour tout club de football mais qui demeure un luxe dans notre pays. Au sein même de la FRMF, on est conscient de l’insuffisance de ce chiffre.
« Quatre centres de formation des jeunes générations est un chiffre qui est très insuffisant pour un football qui tend vers le professionnalisme », estime Hassan Fezouati, président de la commission des jeunes de l’instance fédérale. Et d’ajouter : « Pour remédier à cet état de fait, le nouveau bureau fédéral, lors de sa première réunion, a insisté sur la nécessité de développer des centres de formation au sein de toutes les équipes de l’élite.
Le projet de mise à niveau du football national accorde une grande importance à la formation de jeunes footballeurs. Il considère cette dernière comme une priorité», précise le membre fédéral. Une priorité qui nécessite beaucoup d’argent.
Le projet prévoit à ce sujet une subvention annuelle d’un million de dirhams délivrée en trois tranches. Un autre problème se pose également, celui des ressources humaines à même de gérer ces centres de formations. Au Maroc, rares sont les profils d’encadrants sportifs diplômés qui peuvent assurer la formation de jeunes footballeurs.
Les lauréats de l’Institut Moulay Rachid peuvent faire l’affaire vu leur cursus universitaire. Mais ils sont rarement recrutés à des fonctions-clés de la formation des jeunes.
D’autres clubs du championnat national, qui comptent parmi les plus prestigieux, ne disposent pas de centres de formation proprement dits mais d’écoles de football qui dispense une formation supplémentaire aux jeunes passionnés de football.
C’est le cas notamment du Wydad de Casablanca et du FUS de Rabat. Ces deux ont en effet bénéficié de la somme d’un million 500.000 dirhams octroyée par la Fédération royale marocaine de football (FRMF) à chaque club désirant de se doter d’un centre de formation.
Toujours en chantier, ces deux centres ont accusé un retard essentiellement dû au manque de financement.
Celui des Rouge et Blanc par exemple nécessite quelque deux millions de dirhams uniquement en équipement. Ce centre, qui sera édifié sur un terrain de 1000 m2 et une surface hors oeuvres de 850 m2, pourra accueillir 24 élèves par promotion.
Mais c’est incontestablement le centre de formation des FAR qui arrive en tête.
Le cadre technique français Alain Giresse l’a d’ailleurs qualifié d’excellent dans une interview accordé à France Football juste après sa signature avec le club de Rabat. « Il n’a rien à envier aux centres de formation des plus grands clubs européens », a-t-il déclaré.
Exploitant des infrastructures militaires notamment le centre d’accueil des FAR, le club était en effet le premier à disposer d’un centre de formation qui accueille actuellement près de 50 éléments soigneusement sélectionnés à travers le Maroc et dont l’âge varie de 14 à 19 ans. Tous bénéficient de la formule sport-étude ainsi que d’une bourse trimestrielle de 1000 DH. Les frais d’assurance de chaque joueur sont en plus pris en charge. Le centre dispose notamment de trois terrains dont deux en gazon. L’encadrement technique et médical y est également d’un haut niveau.
Ce centre dispose en effet d’un directeur technique qui n’est autre que le coach de l’équipe nationale juniors de football ainsi que de six encadreurs, un entraîneur et un entraîneur adjoint par catégorie de joueurs. Le centre en dispose de deux, l’une regroupant les moins de 17 ans alors que la seconde concerne les moins de 19 ans. Un médecin, un kinésithérapeute et deux soigneurs complètent ce staff. Les responsables du football national misent en outre gros sur un autre projet, de grande envergure cette fois-ci, celui de la création dans le cadre du projet Goal d’un centre de formation à la forêt Maâmora, au sein du centre des équipes nationales de football.
Le Maroc fait ainsi partie d’une quarantaine de pays africains à bénéficier de l’appui de la fédération internationale (FIFA). Cette dernière financera le projet à hauteur de 8 millions de dirhams. Son président en était tout fier lors de la cérémonie de pose de la première pierre qui s’est déroulée le 8 avril dernier.
Les Marocains étaient alors plus intéressés par la candidature nationale à l’organisation de la Coupe du monde 2010. Mais Joseph Blatter n’a pas oublié le motif de sa visite, insistant sur l’importance de ce genre de structure de formation dans l’avenir de toute discipline sportive.

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