Le grand absent d’Helsinki

Le grand absent d’Helsinki

Lundi 25 juillet, le Grand Prix d’Helsinki constituait l’ultime tour de chauffe avant l’ouverture dans la capitale finlandaise des 10e Championnats du monde d’athlétisme. "C’est l’occasion de recueillir l’avis des athlètes sur la piste et de tester deux ou trois choses dans la chaîne de commandement", a expliqué à l’AFP Antti Pihlakoski, directeur général du comité d’organisation des Mondiaux.  A quelques heures du Grand Prix, une effervescence toute relative prévaut à l’intérieur du Stade olympique, où 23 records du monde ont été homologués depuis sa construction en 1938. Des câbles sont tirés, des projecteurs ajustés ou escamotés. Les cameramen font le pied de grue dans une jungle de fils électriques. Les perchistes, emmenés par l’Américain Toby Stevenson, viennent en reconnaissance. Posé par des ouvriers italiens, le nouveau revêtement "mondo" a été étrenné, et approuvé, par les coureurs américains alignés dans ce Grand Prix, dernière épreuve qualificative — avec Stockholm — pour les Mondiaux.
"J’aime cette piste. Elle est rapide et agréable au pied", a confié DeeDee Trotter à l’issue du 400 m, remporté en 50 sec 39. Dwight Philipps, qui a enlevé le concours de la longueur avec 8,44 m, a évoqué "une super piste de saut".
Quant au Sud-Africain Mbulanei Mulaudzi dans le 800 m messieurs et à l’équipe de Trinidad et Tobago en relais 4×100 m, ils ont réalisé la meilleure performance de l’année dans leur discipline respective. 100.000 billets. Les Mondiaux d’Helsinki, ville-hôte des premiers Championnats du monde en 1983, réuniront quelque 3.000 athlètes venus de plus de 200 pays. Ils seront suivis par près de 4 milliards de téléspectateurs, soit l’audience cumulée de 14 courses de Formule 1 et de deux JO d’hiver, selon les organisateurs. L’événement est inédit par son ampleur en Finlande. Et pourtant. A une semaine et demie seulement de la cérémonie d’ouverture, quelque cent mille billets, soit deux fois et demi la capacité du Stade olympique, restent invendus. Antti Pihlakoski confirme le chiffre révélé par la presse mais son message, destiné aux parraineurs et aux annonceurs, se veut rassurant. "Si vous divisez le nombre de places vacantes par le nombre de sessions, c’est-à-dire 16, vous obtenez 6.000 places par session à écouler. C’est déjà moins impressionnant". "Côté logistique, infrastructures, accueil, sécurité, nous sommes au point, insiste-t-il. Pour le reste, je n’ai aucune inquiétude à me faire". D’importants moyens financiers, humains et matériels ont été mobilisés pour protéger les athlètes, les 4000 représentants des médias, les 15.000 visiteurs étrangers et les 1500 personnalités internationales attendus dans la capitale finlandaise. Carl Lewis, Frankie Fredericks, Sergei Bubka et Michael Johnson ont confirmé leur présence. La Finlande a récemment annoncé la suspension des accords de Schengen pendant toute la durée des Championnats, synonyme de rétablissement des contrôles aux frontières intérieures de l’espace Schengen. Les autorités finlandaises insistent sur le fait qu’aucune menace terroriste identifiée ne pèse sur les Mondiaux et que les attentats de Londres ne changent rien au dispositif. "Rien n’a changé de ce point de vue. Il n’y a pas de menace concrète. La sécurité sera naturellement dense", assure M. Pihlakoski. Officiellement, on craint une recrudescence de la prostitution, du trafic de stupéfiants et de marchandises de contrebande.

Gakl Branchereau (AFP)

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