Le malaise de l’athlétisme

L’assemblée générale de la fédération royale marocaine est prévue avant la fin du mois de juin prochain. Sombrant dans l’illégalité, étant donné que la période d’une année d’exercice qui lui est permise par la loi sur l’éducation physique et les sports a déjà expiré, le comité provisoire de la fédération n’a d’autre choix que de se mobiliser. Une réunion a eu lieu récemment à Rabat afin d’examiner les moyens à mettre en oeuvre pour la tenue de la prochaine assemblée générale. Un communiqué de la fédération a pour une fois été publié. Le comité y invite toutes les ligues régionales à régulariser leur situation en tenant leurs propres assemblées générales avant le 22 mai.
Selon le même communiqué, le comité a examiné tous les problèmes soulevés lors des deux réunions tenues dernièrement à Rabat et Ifrane entre le président d’une part et les athlètes ainsi que le staff technique, administratif et médical d’autre part. Il a également approuvé tous les engagements pris lors de ces rencontres. S’agissant du cas particulier de la ligue de Casablanca, et eu égard aux problèmes de gestion que connaît l’athlétisme local, ajoute le communiqué, il a été décidé de tenir une assemblée générale de cette ligue le 2 juin prochain.
Une commission ad-hoc a été également mise en place pour veiller au bon déroulement de cette opération. Fin avril, quatre présidents de ligues régionales ont rejoint le comité provisoire en vue de la préparation de l’assemblée générale. Il s’agit de Khairi Belkhir (ligue de l’Oriental), Mohamed Nouri (ligue de Chaouia-Ouardigha), Abderrahmane Bensaid (ligue Meknès-Tafilalet) et Abderrahmane Madkouri (ligue du Gharb).
Mais au-delà de ces préparatifs, un constat se fait de lui-même. La seule règle à laquelle se soumet la gestion de la fédération est celles du flou et de l’hésitation.
Sinon pourquoi avoir attendu jusqu’à ce que les instances internationales insistent pour enfin daigner envoyer des athlètes marocains aux championnats du monde du semi-marathon, organisés à Bruxelles. Des athlètes qui, au passage, ont fait montre d’un grand niveau. La fédération avait justifié son refus de faire participer des Marocains à cette compétition par « l’absence de spécialistes du semi-marathon ». Mais Jawad Gharib et Asmae Laghzaoui, les seuls à représenter le pays et sans s’y être préparés, se sont classés à la 2e et la 10e places dans leurs courses respectives, prouvant tout à fait le contraire à nos décideurs sportifs.
Chose qui en dit long sur le fossé qui sépare ces derniers de la réalité sportive marocaine. Les stars et potentialités en la matière ne manquent pas. Nul besoin de le dire. Ce qui manque, c’est la capacité des instances responsables de l’athlétisme marocain à s’organiser. Manque, sinon absence totale, de communication, conflits d’intérêts aussi bien au niveau de la fédération qu’au sein des ligues régionales, non-respect des dates de tenue des assemblées générales, absence de meetings dont la fédération devrait être le véritable initiateur.
Des maux qui, entre autres, n’en finissent pas de ronger cette discipline. Seule consolation, la mobilisation dont font preuve nos athlètes qui, anciens comme nouveaux, continuent de lutter pour que le flambeau de l’athlétisme national ne s’éteigne jamais.

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