Le marathon retrouve les sables

Plus de 630 concurrents, venus de tous les coins de la planète avec pour seules provisions un sac à dos, pour disputer un marathon dans le désert. Non, il ne s’agit pas d’un mirage mais d’un événement bel et bien réel et qui se tient chez nous, au Maroc. Le Marathon des Sables. Une conférence aura lieu demain à Casablanca pour annoncer l’événement. Un rêve que la plupart des participants nourrissent des années durant avant de s’engager dans une aventure unique au monde.
A l’intensité de l’épreuve s’ajoutent la richesse des rencontres avec les autres et avec soi-même et la beauté et la diversité des paysages que révèle le Sud Marocain. Trois composantes de ce marathon qui en font un événement international. Il s’agit d’une épreuve individuelle et par équipe qui aura lieu du 7 au 13 avril. Les concurrents doivent parcourir quelques 220 km de dunes et de rocaille en course à pied ou marche d’endurance. Une manifestation organisée en 6 étapes, de 20 à 80 kms, courues en 7 jours dont une étape de nuit. Un temps limite est à respecter pour chaque étape dans le Sahara marocain. Le trajet n’est révélé aux compétiteurs que le jour du départ.
Le terrain du marathon est fait de reliefs de dunes, de terre et de cailloux, oueds, lacs asséchés et palmeraies. Le tout sous une chaleur qui va le jour de 30 à 40°, parfois même 50 et la nuit de 10 et 15°. Une canicule à laquelle viennent souvent s’ajouter les tempêtes de sables et les risques d’enlisement. La course s’effectue en auto-suffisance alimentaire.
Chaque participant doit assurer son propre ravitaillement et toute aide extérieure est interdite. Vivre toute une semaine sous un soleil accablant, sur le contenu de son sac à dos et avec comme obligation de consommer 2000 calories par jour. Même l’eau est strictement rationalisée. Voilà qui en découragerait plus d’un. Mais ce n’est pas le cas. De 23 concurrents en 1986, le MDS est passé à 685 en l’an 2000. le succès de la course étant sans cesse croissant, l’engouement des rêveurs du désert ne fait que suivre.
D’où une limitation du nombre des participants à un peu plus de 630, représentant 30 nationalités, afin de préserver une vraie convivialité. Des hommes et femmes de toutes catégories socioprofessionnelles, des coureurs amateurs ou d’élite seront présents. Parmi eux, les très célèbres frères Ahensal, maîtres de cette épreuve. Ils partent, encore une fois, favoris.
Lahcen Ahensal, quadruple vainqueur de la compétition, s’est adjugé les éditions de 1997, 1999, 2000 et 2001 alors que son frère cadet Mohamed , a été le vainqueur de celle de 1998. Natifs de Zagora, les deux hommes du désert s’intègrent, à force de patience et de travail, aux étendues sablonneuses façonnées par le vent. Une nature préservée et fragile dont ils sont issus et qu’ils maîtrisent à merveille. Pour garantir le bon déroulement de la course, une équipe d’environ trente personnes chargées de l’assistance médicale sera mobilisée. Une aide qui englobe aussi bien l’aspect médical (soins des pieds, réanimation..) que moral. Devant la dureté de l’épreuve et l’hostilité du climat, on est plutôt enclin à flancher. A cela s’ajoutent 250 personnes chargées du technique et de la logistique, 90 véhicules, 2 hélicoptères et un avion.
L’éthique sportive étant de mise, les organisateurs ont prévu la mise en place de contrôles antidopage avec la collaboration de la Fédération française d’Athlétisme (FFA) et selon les normes de la Fédération Internationale d’Athlétisme (IAAF). Le tout pour réussir une édition qui sera suivie par une centaine de chaînes télévisées de par le monde et retransmise dans 150 pays. Une façon de suivre virtuellement un événement que trop peu de gens ont le privilège de vivre.

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