Le non-match des Lions de l’Atlas

Le Mali n’est pas le Niger, ni la Guinée Equatoriale, que les Lions avait laminés en visitant à six et cinq reprises leurs filets, respectivement en match amical et pour le compte des éliminatoires de la CAN-2004. Tout a pourtant bien commencé pour les Lions de l’Atlas qui, dès l’entame du match amical qui les a opposés mercredi soir à l’équipe du Mali, se sont montrés dangereux. C’est ainsi que Rachid Rokki, bien servi par Youssef Safri, parviendra dès la quatrième minute de jeu à trouver la faille dans la défense malienne et à inscrire un beau but de la tête. On s’attendait à ce que ce but précoce permette à l’équipe marocaine de continuer sur sa lancée et de développer un jeu agréable…
Mais bien vite, il était apparu que les hommes de Zaki, privés de leur capitaine Noureddine Naybet, blessé, et d’Abdelilah Saber, étaient complètement désorganisés. Ces absences, d’ailleurs bien palliées, notamment par Abdeslam Ouaddou, n’expliquent d’ailleurs – ni ne justifient – nullement cette sévère contre-performance. En ce sens que, n’ayant visiblement pas l’air d’avoir assimilé le 3-5-2, les Marocains ont eu tendance à se marcher sur les pieds et n’ont pas su se créer des espaces. De ce fait, il n’y a pratiquement pas eu de coordination entre la défense et le milieu de terrain.
Cela a été encore plus flagrant après le but de Rokki, qui a eu le don de faire sortir les visiteurs de leurs gonds. Et qui ont imprimé aux hommes de Zaki un rythme, le leur. Les Maliens ont verrouillé leur défense, pris le milieu de terrain, et poussé les Marocains dans leurs retranchements, avant de partir à la démolition de leurs adversaires. L’équipe nationale ainsi acculée dans son camp, a subi le jeu. Sans plus. Les joueurs avaient l’air d’expédier les affaires courantes. En se cantonnant en défense. A Rabat…
Les Maliens, se sont mis à y croire. Et ils sont devenus beaucoup plus conquérants, cherchant des combinaisons et effectuant des tirs de loin, à l’image du boulet de canon de leur capitaine Mamado Diara (Lyon/D1.Fra), et des tirs de Mamadou Bakayoko (Strasbourg) et Seydou Keita (Lens). En seconde mi-temps, Zaki a fait entrer le Rajaoui Hicham Aboucharouane, qui a fait, à cette occasion, sa première apparition en équipe nationale. Il a insufflé une nouvelle dynamique à l’attaque. Une belle combinaison Aboucharouane-Hajji a failli faire mouche, à la 52ème minute, mais le tir de Hajji n’était pas très bien cadré. Et ce sont les Maliens qui ont fini par égaliser grâce à un tir foudroyant de Sidibé ne laissant aucune chance à Abdelilah Bagui (55ème). Au fil des minutes, les Maliens ont senti que les Marocains étaient prenables ce soir-là.
Devant des Lions qui ont démissionné, ils ont produit un beau jeu, bien léché, et même applaudi par la maigre assistance du Complexe Sportif Prince moulay Abdellah. Et alors que l’on s’acheminait vers un nul, Drama Coulibaly a inscrit un second but pour le Mali (80ème). Il était dit que ce soir-là, les Marocains allaient boire le calice jusqu’à la lie.
Car, c’est ce même Coulibaly qui, dans les temps additionnels, allait inscrire un autre but de toute beauté. D’une pichenette, il a réussi à lober le malheureux Bagui, sans lequel l’addition aurait toutefois pu être plus lourde. L’arbitre a aussitôt sifflé la fin de la partie sur le score pas très glorieux de 3 buts à 1 en faveur des visiteurs. Mais à quelque chose malheur est bon. Car il s’agit d’un avertissement sans trop de frais. Et cette défaite, même si elle est quelque peu mortifiante pour les Lions et leurs supporters, aura eu le mérite de les faire descendre de leur doux nuage. Gageons que la leçon sera retenue. Et par Zaki et par ses poulains, qui devront remettre les pieds sur terre. Et redoubler de travail. Les échéances sont là : le 29 mars, les Marocains se déplaceront à Freetown, pour y rencontrer la Sierra Leone, dans le cadre des éliminatoires qualificatives pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN-2004) en Tunisie. D’ici-là, bien des réglages peuvent être opérés.

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