Le parti de l’Istiqlal joue la carte du sport

Le parti de l’Istiqlal joue la carte du sport

En organisant, samedi à Rabat, un colloque sous le thème «Pour un décollage sportif au service du développement», la Commission de la Jeunesse et du Sport du parti de l’Istiqlal, a frappé un grand coup. Réunissant toutes ses forces, dont «L’Opinion» et «Al Alam», le parti de l’Istiqlal veut, à travers cette initiative, donner l’exemple aux autres acteurs politiques. Rien n’a été laissé au hasard pour faire passer le message.
À commencer par le choix de la date de la tenue de ce colloque qui coïncidait avec la visite au Maroc de Michael Kleiner, représentant du bureau exécutif de l’ONU à Genève, à l’occasion de l’année internationale du sport et de l’éducation physique.
Dernièrement et profitant du sommeil profond de la classe politique, le parti de l’Istiqlal avait consacré la dernière réunion de son comité exécutif à la question du sport au Maroc et les moyens à mettre en oeuvre pour son développement. Et ce n’est pas un hasard si son secrétaire général, Abbas Fassi, habitué aux discours politiques, s’en est bien sorti.
Mesurant ses propos, le leader istiqlalien a fait un rappel de l’histoire du football et son rôle dans la lutte pour l’indépendance du Maroc, avant de soulever la question de l’absence du ministère de la jeunesse et des Sports qui, selon lui, constitue une «grave erreur». Lui qui faisait partie du groupe du Premier ministre, Driss Jettou, qui, la semaine dernière, était en voyage en Tunisie. Dans l’avion qui ramenait ce groupe au Maroc, Abbas Fassi a eu des discussions avec le Premier Ministre à propos du colloque. Pour le rassurer, sans toutefois donner de promesses, ce dernier lui a annoncé le lancement, pour bientôt, du professionnalisme en football au Maroc. C’est comme s’il n’y avait que le football dans ce pays.
Dans son intervention, Abbas Fassi a regretté l’absence d’un Conseil supérieur du Sport. Avis partagé par Mohamed M’jid, l’éternel président de la fédération royale marocaine de tennis et vice-président du Comité national olympique, qui n’a pas hésité à qualifier le ministère de la jeunesse et des sports de «poubelle».
Pour lui, l’heure est venue de mettre en place un Haut Commissariat et non pas un ministère pour éviter la récupération politique. Prenant la parole, Abderrahmane Zidouh, secrétaire général du département des Sports, a tenu à souligner les efforts déployés par l’équipe gouvernementale pour assurer le développement du sport au Maroc. Selon ce dernier, tout un programme, riche en compétitions et manifestations sportives, a été mis en place dans le cadre de l’année internationale du sport et de l’éducation physique 2005, en attendant la mise sur pied d’un plan national, prévue en 2007. Encore deux ans. Les autres intervenants se sont penchés sur la question de l’intégration du sport comme secteur à part entière. Parmi les recommandations dégagées lors de ce colloque, la création d’un cadre juridique déterminant la relation entre les différents acteurs de la chose sportive, qu’ils soient publics ou secteur privé, la mise en place de nouveaux statuts ainsi que la création d’un conseil supérieur du sport. En jouant la carte du sport et des jeunes, le parti de l’Istiqlal veut, en fait, faire d’une pierre deux coups. Le sport comme projet de société, mais en même temps soigner son image, surtout auprès des jeunes.

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