Le prix d’une sélection

La nouvelle s’est propagée comme une drainée de poudre. 17 000 Dh pour représenter le Maroc dans les championnats arabes des jeunes qui se dérouleront à Amman en Jordanie. Tel est le prix à payer par nos jeunes nageurs s’ils veulent prendre part à cette compétition. Ladite décision a été prise par la fédération royale marocaine de natation, s’il vous plaît.
Et ce, après plusieurs réunions marathoniennes consacrées à l’étude des réactions des clubs et des parents des nageurs. Résultat de ce «payage» : quatre nageurs seulement feront le voyage à Amman: Boulaamane Imane, Hadfi Youssef, Lâaraîchi Mohamed et Rizki Hiba. Il faut dire que ce ticket, le prix d’un «voyage organisé », n’est pas à la portée de tout le monde. Et comme les caisses de la FRMN sont vides, comme ne cesse de le répéter nos dirigeants, ces derniers, en mal d’idées, n’ont trouvé de solution que de faire participer les associations et les parents des nageurs aux frais de déplacement. Gestion à l’épicière. Une mesure purement fiscaliste dans un sport déjà considéré comme inaccessible au commun des mortels. Il faut dire aussi qu’en optant pour ce dernier recours, la FRMN a perdu sa clientèle.
La plupart des parents et clubs, qui étaient au début intéressés, ont vite rejeté l’offre considérant cette dernière comme pénalisante, vu la somme demandée. Autre raison : les détails des dépenses ne sont pas mentionnées. À ce critère purement matériel viennent s’ajouter d’autres d’ordre sportif. Si le choix porté sur les trois premiers champions, car il faut les appeler ainsi, est judicieux, il n’en demeure pas moins que celui concernant Hiba est injuste. À voire les résultats, la balance devait normalement basculer du côté d’autres noms de la natation nationale tels Benmassoud, Melyani, Guerrouani ou encore El Megaly. Faute de transparence sur les critères de sélection de nos jeunes nageurs, on se demande quel sera l’avenir de cette discipline déjà entachée par d’autres points noirs, notamment l’affaire « El Megaly Sarah ».
Écartée de l’équipe nationale pour laisser la voie libre à une autre nageuse, la jeune Sarah a tenté à plusieurs reprises de se suicider. Et elle n’est pas la seule à avoir subi le même traitement. Bellaz Adil, qui vient de décrocher une bourse pour mieux préparer les prochains jeux olympiques d’Athènes, a, lui aussi, été éliminé de manière injuste de l’équipe nationale qui a participé aux JO de Sydney.
Éventuellement pour laisser sa place à nos dirigeants. C’est dire que la natation au Maroc c’est nager à contre-courant !

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