Le public est rare

Le public est rare

«Il est grand temps que les gens apprennent à mettre la main dans la poche, que ce soient les télévisions, les radios et les spectateurs, sinon le football africain va mourir». La réflexion émane de Slim Chiboub, président du Comité d’organisation de la CAN 2004, (COCAN) il y a plus de deux mois. Et pour cause : garantir une bonne organisation nécessite des investissements énormes. Rien que les trois stades de Sfax, Monastir et Bizerte ont coûté au pays organisateur la bagatelle de 20 millions de dollars.
Aujourd’hui, à la veille des quarts de finale de cette même CAN, le constat est attristant quant à l’engouement du public vers les stades. Depuis le début de la compétition, il est à signaler que la plupart des matchs se sont disputés devant des gradins presque déserts. Il faut dire que si le football est une fête, il n’en demeure pas moins que les coûts élevés des billets font souvent reculer les spectateurs. Cela a eu des répercussions sur les sportifs qui ont été au creux de la vague pendant longtemps. Pourtant, le premier tour a connu du bon football et a enregistré plus de soixante buts.
Les équipes participantes espèrent qu’à l’issue de ce premier tour elles ne vont plus se produire dans des stades à moitié vides. Même certains matchs du pays organisateur ont été disputés devant des gradins bien peu garnis. Les sélectionneurs comptent sur un éventuel retour du public lors des quarts de finales, car il est tellement difficile de se surpasser en l’absence d’un public massif. A titre d’exemple, le Sénégal n’est pas près d’oublier sa triste soirée contre le Burkina Faso (0-0) au stade d’El Menzah, devant un public très clairsemé (1000 à 2000 spectateurs sur les 45.000 places possibles).
«Le point négatif de la compétition, c’est les stades qui ne sont pas remplis », a relevé Michel Dussuyer, l’entraîneur des Lions du Sénégal.
Le match de la Guinée contre la Tunisie a enregistré la présence d’à peu près quatorze mille spectateurs dont à peine 7.000 payants selon la presse tunisienne, alors que le stade 7 novembre à Radès peut accueillir jusqu’à 60.000 personnes. Mais pour Slim Chiboub, président du COCAN, le prix des billets, vendus entre 3 et 15 dinars (entre 25 et 120 dirhams) à l’exception du match d’ouverture et de la finale, n’est pas en cause. Faisant allusion à la rencontre qui a opposé la Tunisie à la RDC, M.Chiboub impute l’absence du public à la programmation du match en plein après-midi en milieu de semaine puis, contre la Guinée, le dimanche férié de l’Aïd el Kébir. « Il y a un problème lié à la fébrilité des supporteurs de la Tunisie. Ils n’ont sans doute pas été convaincus par leur équipe.», a-t-il déclaré à la presse.
Cependant, en dehors de la capitale, notamment au sud, à Sousse, Monastir et Sfax, les stades ont été davantage remplis, sans doute en raison de la présence des équipes phares que sont le Nigeria, le Cameroun, l’Afrique du Sud, le Maroc, l’Egypte et, bien sûr, l’Algérie voisine.

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