Le Raja s’attaque à la contrefaçon

Le Raja s’attaque à la contrefaçon

Le Raja de Casablanca se prépare pour une nouvelle rencontre, qui n’a pour une fois rien à voir avec le sport. Une bataille commerciale et juridique. Le club s’est rendu compte que maillots, casquettes, chaussettes et autres accessoires sportifs, arborant illégalement le célèbre aigle vert, se vendent comme des petits pains sur le marché marocain. Mais cette situation ne datait pas d’hier. C’est la signature du nouveau contrat avec l’équipementier Kappa qui a fait déborder le vase. Le club, ayant reçu la première livraison d’équipements italiens il y a une quinzaine de jours, s’est retrouvé avec les mêmes articles, affichant les mêmes logos, en vente libre et à des prix plus que concurrentiels. C’est ainsi que le bureau rajaoui a décidé de prendre le taureau par les cornes. Une commission spéciale vient d’être créée à cet effet. Le rôle de cette « brigade anti-contrefaçon » est de contrôler et surveiller l’utilisation et la reproduction du logo du Raja ainsi que ses couleurs. Une grande tâche à laquelle le club s’attellerait dorénavant. Il y a même réservé quelques-uns de ses plus grands hommes, dont Abdelhamid Souiri, président de la commission marketing au sein du bureau dirigeant, Zaki Lahbabi, directeur de TSM, l’agence marketing du club, en plus de deux juristes. La présence d’un responsable de Kappa est également prévue. La première sortie publique de cette commission s’est effectuée à travers un communiqué de presse dont «Aujourd’hui Le Maroc» a reçu une copie en début de semaine. «Ce n’est qu’un début», précise d’emblée Zaki Lahbabi avant d’ajouter: «Le Raja n’hésitera pas à recourir à des mesures beaucoup plus coercitives, notamment lancer une procédure en justice». Le ton est ferme. Le club casablancais tolérerait plus les reproductions illégales. «Les enjeux de cette affaire sont très grands. Le nouveau contrat prévoit que le club bénéficiera par an de près d’un million de dirhams en équipements sportifs. Et c’est un contrat qui s’étale sur trois années. Vous pouvez imaginer les sommes d’argent qui sont en jeu », explique le directeur de l’agence marketing TSM. Des pertes difficiles à estimer du fait de la prédominance de l’informel sur ce marché. Ce dernier point rend particulièrement difficile la mission des rajaouis. «Nous sommes conscients que combattre ce fléau n’est pas aisé. Et c’est justement cette difficulté qui nous motive dans cette bataille. Rester les bras croisés ne nous avancerait en rien», estime Zaki Lahbabi. Mais il ne s’agit pas uniquement d’argent. L’image de marque de l’un des plus grands clubs du Maroc se trouve menacée. « Le Raja est le seul club marocain à disposer d’équipements sportifs de très haut de gamme. Le maillot des Vert et Blanc coûte par exemple 70 euros. Retrouver les mêmes articles, fabriqués, sans autorisation du comité rajaoui, et en plus avec des matières premières très bas de gamme, ternit son image», explique le responsable de TSM. Et ce n’est pas une mince affaire. Les plus grands clubs de football font de leur image un véritable fonds de commerce qu’ils n’hésitent pas à exploiter. Le plus en vue demeure le Réal Madrid. Le bénéfice affiché par le club espagnol pour la fin de l’exercice 2002-2003, qui est de l’ordre de 58 millions d’euros, en est la preuve. Les Merengues ont réussi à dépasser le cap des déficits astronomiques qui ont atteint près de 150 millions d’euros il y a trois ans, grâce notamment à une farouche politique marketing basée sur l’exploitation commerciale du label Real et de l’image de ses joueurs. Pour la saison en cours, les dirigeants madrilènes prévoient d’encaisser 80 millions d’euros de droits marketing, contre 60,3 millions d’euros pour les abonnements et les recettes aux guichets.

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