«Le salut dans le professionnalisme»

«Le salut dans le professionnalisme»

Aujourd’hui Le Maroc : Où en êtes-vous dans le choix des personnes qui composeront le bureau du GNF ?
M’hammed Aouzal : Depuis plusieurs jours, je m’attelle à la préparation d’une liste de personnes qui constitueront le bureau dirigeant du Groupement national de football (GNF). Sincèrement, j’aurais aimé ne pas avoir à faire ce choix parcequ’il est très difficile de choisir entre plusieurs personnes. Mais comme dit le proverbe, on ne peut faire d’omelette sans casser d’oeufs. A l’annonce de cette liste de collaborateurs, il est clair que plusieurs personnes qui espéraient s’y retrouver, et qui finalement ne remplissaient pas les critères de choix, ne manqueraient pas de manifester leur mécontentement. Mais c’est un mal indispensable. Mais on ne peut pas être responsable en étant très conciliant. Comme on ne peut pas faire plaisir à tout le monde.
Quels sont les critères sur lesquels vous vous basez pour ce choix ?
Seules les personnes capables de prendre en charge des missions spécifiques au sein du Groupement seront choisies. Autrement dit, à chaque collaborateur correspond un profil spécial. Il y aura du juridique, du financier, de l’organisationnel. Bref, chacun devra apporter un plus à la gestion du football national. Vous savez, lorsqu’on constitue un bureau, la première des choses à faire est de prendre connaissance de la totalité des dossiers à étudier et à résoudre. Les responsabilités seront par la suite définies en fonction du savoir-faire et de l’expérience de chacun. Suite à l’assemblée générale de la semaine dernière, les représentants des clubs m’ont confié la composition du bureau de cette instance. Comme je l’ai dit auparavant, la liste finale sera communiquée vendredi au plus tard.
C’est-à-dire avant la tenue de l’AG de la fédération.
En effet, comme le stipule le nouveau texte qui est entré en vigueur dernièrement, l’assemblée générale de la Fédération royale marocaine de football ne peut pas avoir lieu sans la présence de la totalité des bureaux dirigeants des instances affiliées, le GNF en tête. La fédération se réunit le 5 mai prochain. Il nous est donc obligatoire d’être en règle avant cette date.
Vous avez fait de la mise à niveau du football national votre cheval de bataille. Où en est ce dossier?
L’avenir du football marocain se trouve dans son professionnalisme. Actuellement, notre championnat n’est pas attractif et il est loin d’attirer la foule de supporters comme c’est le cas dans plusieurs pays à la grande tradition footbalistique. Nous en sommes conscients et c’est pour cela que nous avons effectué une radioscopie de la scène footbalistique nationale. Une étude qui a duré près de deux années et il s’en est suivi un projet remis et expliqué aux autorités concernées. Ce projet de mise à niveau prévoit une période de transition de trois années avant de basculer vers un système de professionnalisme à 100 %. Durant cette période, l’appui de l’état est fondamental. Le département de tutelle devrait mettre la main à la poche pour accompagner cette transition afin de la réussir.
Solliciter l’aide de l’Etat alors que le football actuellement est devenue une discipline qui rapporte beaucoup d’argent…
Le football est effectivement un sport qui peut se financer lui-même. Mais ce n’est pas possible dans l’état actuel des choses. Il faut être réaliste et ne pas se voiler la face. Avec le niveau actuel du championnat national, le GNF a pu récolter la somme de 20 millions de dirhams. Mis à niveau, notre football pourrait rapporter dix fois plus. Le soutien financier de l’Etat ne sera pas à vie. Il permettrait uniquement aux clubs de réussir leur transition vers un système professionnel basé sur la rentabilité. C’est plus qu’une priorité d’autant plus que le Maroc est actuellement engagé dans une course à l’organisation de la Coupe du Monde que j’espère qu’elle aura lieu dans notre pays.
Pourquoi ce retard pris dans l’application de ce projet ?
Sincèrement, je ne pourrais répondre à cette question. Il se pourrait que nous ayons mal réussi à faire comprendre aux autorités l’importance et l’urgence de procéder à de telles réformes. Il se pourrait également que la multitude de chantiers ouverts actuellement au Maroc ait retardé la mise en application de ce projet. Tout ce que je peux vous dire, est que le professionnalisme du football est une priorité pour le GNF. J’espère qu’il le sera aussi pour le gouvernement.

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