Le Sénégal se prépare à Bamako

Plus qu’une simple participation à la Coupe d’Afrique, la présence du Sénégal au Mali est une préparation à la prochaine Coupe du monde, qui aura lieu les mois de mai et juin prochains. Non seulement sur le plan sportif mais aussi organisationnel. Les dirigeants sénégalais ont, à cet effet, recréé à Bamako un petit Dakar pour qu’El Hadji Diouf et les Lions du Sénégal puissent disputer cette compétition dans les meilleures conditions possibles.
«La coupe sera gagnée par l’équipe qui aura remporté le défi de l’organisation », proclame le président de la fédération sénégalaise, El Hadji Malick Sy. Sécurité, cuisine, rencontre avec la presse, cet exercice de logistique au Mali représente une répétition générale du grand voyage en Corée du Sud, où les Sénégalais vont disputer le 31 mai à Séoul le match d’ouverture du mondial-2002 contre la France, tenante du titre.
Venus du Sénégal, onze agents de la brigade d’intervention polyvalente (bip, unité spéciale de la police) filtrent l’accès du petit hôtel coquet et familial des lions. Quatre cuisiniers, dont un chef, venus spécialement du Sénégal, s’occupent des repas. Pour fêter la victoire dimanche contre l’Egypte (1-0), Diouf et ses «frères» ont eu droit au plat préféré des Sénégalais, le «Thiéboudjen» (riz au poisson), préparé avec des produits dont certains viennent du pays. Dans l’entourage de l’équipe, tout le monde loue l’initiative.
«ÃŠtre ensemble, était un impératif», déclare le sélectionneur français, Bruno Metsu, qui ne voulait pas de téléscopage avec les autres équipes du groupe D (Tunisie, Egypte et Zambie).
v Ces trois sélections logent en effet à l’hôtel de l’amitié, le plus grand de Bamako, qui abrite aussi le Nigeria et le Liberia. Cela ne fait pas l’affaire de l’autre français de la CAN, Henri Michel, sélectionneur de la Tunisie. Mais ce qu’ Henri Michel semble ignorer, c’est que Metsu et les Lions sénégalais ont échappé à ce sort en déclinant l’offre de prise en charge de l’hébergement par les organisateurs. Ils ont préféré à cela de payer leur propre hôtel, tout comme les Algériens.
Un budget de pas moins 2,44 millions d’euros a été dégagé pour assurer une bonne présence des Lions à ce tournoi, précise Sy. L’argent vient de parraineurs privés (téléphones cellulaires…) en plus du financement du ministère. Provenant d’un pays qui n’est pas très riche, les Sénégalais pourraient donner l’impression de céder aux «caprices de stars».
Des stars, à l’image de Diouf qui évolue au sein de Lens, leader du championnat français, l’équipe qui n’en manque effectivement pas. Mais pour les dirigeants, le choix est clair : il ne s’agit ni plus ni moins que de « professionnaliser » le football sénégalais.

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