Le silence sur le dopage

Marrakech abritera du 21 au 23 janvier 2002 un colloque international sur le dopage qui regroupait 35 pays euro-méditerranéens. Le principal ordre du jour sera l’uni- formalisation des lois régissant cette pratique illicite avec la réglementation internationale. Ce fléau, qui prend chaque année des proportions alarmantes, a terni l’image du sport depuis qu’il s’est avéré que les athlètes de toutes les disciplines s’y adonnent sans ménagement. À tel point que le Comité olympique international (CIO) qui se charge de ce dossier s’est vu joindre le service de l’Organisation mondial de la lutte contre le dopage. Les derniers scandales qui ont secoué le football italien où plusieurs joueurs ont été déclarés positifs au test antidopage, sont venus s’ajouter à une longue liste de sportifs dopés. Le dopage est devenu ainsi un virus mondial qui se transmet aux alertes de tous les pays et qui touche toutes les disciplines sportives. Les gagnants dans cette affaire sont les marchands des produits dopants et les plus grands perdants sont ceux qui s’adonnent à cette drogue destructrice. Les sportifs marocains ne sont pas épargnés par les promoteurs de ces super vitamines sur dosées et prohibées par le Comité olympique international. La loi de silence qui sévit dans ce domaine depuis des lustres a été violée par la découverte de deux cas de dopage chez deux athlètes marocains. C’etait en 1999 lors des jeux panarabes qui ont eu lieu à Amman, quand Karima Chahine et Siham Hanafi ont été déclarées positives suite à un contrôle antidopage. Elles furent suivies par le lutteur Anouar Kandafil qui fut pris dans le piège au cours des éliminatoires africaines pour la qualification des jeux olympiques de Sydney. Le lutteur marocain a été privé de participer à ces jeux. Ce qui est écoeurant dans ces deux affaires, c’est que ni le Comité olympique marocain, ni les deux fédérations respectives, n’ont daigné diligenter une enquête pour localiser les origines de ces fuites. La loi de silence institutionnel a encore prévalu sur un sujet qui reste tabou chez nous et qui ne fait qu’empirer les choses. Car en l’absence d’une structure de contrôle antidopage marocain, tous les abus sont permis au détriment de la santé de l’athlète, voire de sa survie. Les responsables sportifs marocains se cachent derrière le coût exorbitant de l’échantillon d’analyse de l’urine ou du sang. Mais cet alibi ne tient pas la route quand on sait qu’un jour ou l’autre, il faudrait bien que nos sportifs soient préservés de ce mal universel de la pratique sportive de haut niveau. Même si les médecins sportifs marocains n’osent pas soulever ce problème, à une ou deux exceptions près, le dopage des athlètes marocains reste un secret de polichinelle. Tout le monde sait qu’ils consomment des médicaments prohibés par la réglementation internationale qu’ils se procurent dans la contrebande en Provenance des provinces du Nord. Le drame, c’est que ces comprimés ont souvent dépassé leur date de préemption. Le comble de la bêtise.

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