Le spectre du dopage provoque des tensions

Vendredi à Lausanne (Suisse), Thomas Bach, membre du bureau exécutif chargé du rapport sur le cas Jerome Young, avait déclaré que le Comité international olympique (CIO) pourrait prendre d’éventuelles sanctions à l’encontre de la Fédération américaine d’athlétisme (USATF) et notamment refuser d’accréditer ses dirigeants aux Jeux d’Athènes en 2004. L’événement a eu lieu dans le cadre de la commission exécutive du CIO. Le lendemain, samedi, une porte-parole de l’USATF a déclaré à Greensboro (Caroline), que la Fédération américaine d’athlétisme ne fera aucun commentaire concernant l’idée du CIO. Ce dernier, ainsi que le Comité national olympique américain (USOC) ont demandé à maintes reprises à l’USATF de leur fournir des informations sur Young, contrôlé positif (nandrolone) en 1999 et médaillé d’or avec le relais 4×400 m américain aux JO de Sydney l’année suivante. Le même athlète a remporté l’été dernier le titre mondial du 400 m à Paris avant de participer au sacre mondial du 4×400 m américain. L’USATF, actuellement réunie à Greensboro pour sa 25e convention annuelle, a choisi de ne prendre aucune mesure et de ne donner aucune information au CIO, évoquant le code de confidentialité et affirmant que, concernant un éventuel rapport sur le cas Jerome Young, il était désormais trop tard. Il est à rappeler que quatre athlètes américains ont été pris dans les filets de la chasse à laTHG. Regina Jacobs (demi-fond), Kevin Toth (poids) et John McEwan (marteau) ont été cités par la presse américaine, le quatrième nom restant un mystère. Dans le même cadre, les athlètes américains appellent à soutenir la suspension à vie. La commission des athlètes de la Fédération américaine d’athlétisme (USATF) a soutenu, vendredi à Greensboro, la proposition de suspension à vie dès la première infraction aux stéroïdes et appelé le reste du monde à adopter le plan «Tolérance zéro». Les athlètes ont aussi lancé un message au reste du monde pour s’aligner sur la même résolution en matière de sanction pour usage de stéroïdes, dont la déjà célèbre tétrahydrogestrinone (THG), molécule synthétique dont la découverte a été annoncée le 16 octobre dernier. «Nous invitons le monde et l’IAAF (Fédération internationale d’athlétisme) à adopter la tolérance zéro et à sanctionner par une suspension à vie tout usage de stéroïde», annonce le texte adopté par les athlètes. Ce soutien de la commission des athlètes devrait mener à l’adoption de la suspension à vie, dimanche, lors de la journée de clôture de la convention annuelle de l’USATF. A signaler que l’IAAF prônait jusqu’à présent une suspension de deux ans à la première infraction et à vie en cas de récidive. Un certain nombre de déclarations de plusieurs athlètes aux agences de presse vont dans le même sens. «Tout le monde nous a critiqués en pensant que nous couvrions les athlètes » suspectés de dopage, a estimé Stacy Dragila, championne olympique de saut à la perche. «Il faut à présent que l’IAAF et les Fédérations nationales nous suivent», sous peine de se trouver «ridicules», a-t-elle ajouté. Une donne qui soulagerait Craig Masback, patron de l’athlétisme américain qui fut souvent la cible des critiques en matière de lutte contre le dopage. «Je suis d’accord avec eux pour dire que cela ne concerne pas seulement l’Amérique, c’est une question mondiale, a commenté Masback. Ils se sont adressés au monde entier, pas seulement pour notre sport, mais pour tout le monde sportif.» a-t-il ajouté. Quant au quadruple champion du monde et champion olympique 1996 du 110 m haies, Allen Johnson, il a déclaré : «L’IAAF nous montre du doigt, dit que nous ne prenons pas suffisamment de mesures contre le dopage. Maintenant, nous sommes les plus sévères du monde, qui veut nous suivre ? Tout le monde en parle, nous, nous le faisons », a-t-il lancé sur un ton de défi. En tout cas, les observateurs s’accordent à dire que c’est la réputation des athlètes qui est en jeu dans cette affaire. Décidément, le dopage est plus que jamais la bête noire de l’athlétisme et du sport en général.

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