Le sport féminin en marche

Constatant le vide institutionnel en la matière, plusieurs femmes sportives ont décidé de prendre le taureau par les cornes. Résultat, la création de la commission Femmes, et sport au sein du Comité national olympique marocain. Ce fut le 26 juillet 2002. «Impliquer la femme non seulement dans la pratique, mais également dans la gestion du sport devient une nécessité», explique la présidente de la commission, Fatima Aouam, ex-championne du demi-fond national. Et d’ajouter: «Notre pays regorge de potentialités qui ne demandent que l’opportunité de s’épanouir». Le constat est là. La première championne olympique arabe et africaine, Nawal El Moutawakkel, est bien marocaine. L’athlète est également la première femme arabe à siéger à l’Exécutif de la fédération internationale d’athlétisme (IAAF). La première arbitre femme à officier les championnats du monde dames de basket-ball, qui auront lieu cet été en Croatie, Nezha Hanafi en l’occurrence, est également marocaine. Et la liste est longue. Au labeur depuis la création de la commission, les huit membres la composant viennent de mettre au point un programme d’action qui sera présenté dans le courant du mois de mars.
Sensibilisation, promotion, création d’opportunités sont les maîtres-mots de cette stratégie. Le programme est ambitieux. Il vise, non seulement l’implication des femmes dans la pratique sportive, mais les encourage également à atteindre des postes de responsabilité au sein des clubs, associations et fédérations sportifs. Le premier objectif de ce plan d’action est la création d’une base de données fiable en matière de pratique sportive féminine. «Nous avons des constats préalables, mais ce n’est pas suffisant. Nous voulons qu’une étude scientifique soit réalisée. Elle nous fournira des statistiques, des éléments exacts qui nous aideront à aller de l’avant», explique Fatima Aouam. «En établissant notre stratégie d’action, nous nous sommes inspirés des recommandations du Comité olympique international, notamment en matière de quotas», précise-t-elle. L’instance internationale a en effet mis en place, en 2000, un système de quotas qui impose aux fédérations membres un taux de 10 % de participation féminine, et ce dans un premier lieu.
Ce taux est amené à progresser pour atteindre les 20 % en 2005. Dans cette même optique, la commission Femmes et sport a intégré dès sa création le programme Solidarité du CIO. Ce dernier est basé sur le principe de l’égalité des sexes dans les structures techniques et administratives sportives.
Les huit membres composant la commission ne se voilent pas la face. Ils sont conscients des difficultés que rencontrent les sportives dans notre pays. Un travail de longue haleine les attend.

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