Le symbole controversé

Le symbole controversé

«Goleo VI » manque de popularité. Non seulement en Allemagne, mais ailleurs également. Notamment en Angleterre, où les gens estiment que ce personnage est copié sur "Willy le lion", porte-bonheur des Anglais lors du Mondial de 1966 gagné contre… l’Allemagne.
"Goleo VI" avait été présenté officiellement au public en novembre 2004 par deux anciens champions du monde, l’Allemand Franz Beckenbauer, président du Comité d’organisation du Mondial, et le Brésilien Pelé.
Le lion, couleur moutarde et mesurant environ 2,5 m, avait été photographié avec son maillot de foot rétro et son compagnon, un ballon capable de parler, baptisé "Pille" (un nom populaire allemand donné au ballon de foot). Il a été dessiné par les designers américains de l’émission télévisée pour les enfants "Sesame street".
"Qu’est-ce qu’un lion a à voir avec l’ Allemagne ?", se sont demandés bien des supporteurs allemands perplexes, face à cet énorme roi de la jungle revêtu d’un maillot allemand.  Le symbole traditionnel de l’ Allemagne n’est-il pas l’aigle? Goleo a l’air "d’un chameau avec de longs cheveux", a-t-on pu lire dans la presse allemande.
Quant à la presse populaire anglaise, pas toujours germanophile loin de là, elle a accusé les Allemands d’avoir copié leur mascotte : "Les Allemands ont volé notre Willy!", a déclaré le Sun, le tabloïd le plus populaire du pays. "Ces Allemands sans imagination ont copié notre mascotte", a renchéri le Daily Mirror. En 1966, avec "Willy le lion", l’Angleterre avait remporté la Coupe du monde pour la première et unique fois, gagnant en finale contre les Allemands par 4 à 2. Au moment de la présentation de "Goleo", la Fédération internationale de football (FIFA) avait souligné qu’elle "accordait, dans l’actuelle société médiatique, une grande importance à la mascotte en tant que figure d’identification et en tant que lien avec les supporteurs".
Franz Beckenbauer avait défendu ce choix, en estimant que Goleo était "une superbe figure qui produisait une impression fantastique". "Goleo n’a pas les talents brésiliens mais il a de la classe en tant que mascotte", avait ajouté Pelé.
Certains commentateurs ont même assuré, en s’appuyant sur l’exemple anglais, qu’avoir choisi un lion comme mascotte est un bon présage; d’autres, au contraire, ont estimé que les Anglais gagnent toujours quand il y a un lion en compétition dans un Mondial.
Mais, après tout, la mascotte est-elle si importante, se demandent d’autres, en faisant remarquer: "Qui se rappelle encore celle de la Coupe du Monde au Japon et en Corée du Sud"?
De fait, il n’y en avait pas une mais trois, prénommées "Nik", "Ato" et "Kaz", qui se sont vite évanouies de la mémoire collective.
Sauf si l’ Allemagne remporte la Coupe, "Goleo VI" devrait connaître le même sort. Les hôtes du Mondial auraient seulement alors à souffrir de lazzis jusqu’au coup d’envoi le 9 juin 2006.

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