Le système informatique des jeux, un défi technologique

Ce discret ensemble de tours noires sans fenêtres, qui ressemble à une rangée de microprocesseurs, se trouve à courte distance des deux plus hauts lieux olympiques de la capitale chinoise: la piscine flambant neuve, appelée familièrement «cube d’eau», et le stade, dit «nid d’oiseau». A l’intérieur, le géant des services informatiques Atos Origin parfait les systèmes qui devront être au point lors des JO. Atos est l’un des partenaires du comité olympique international (CIO), et a pour mission de mettre au point et de faire fonctionner toute l’infrastructure informatique invisible, celle qui fournit aux médias, aux spectateurs et au monde les informations sur les événements et les résultats Sa responsabilité s’étend aux technologies qui équipent les systèmes d’accréditation, les moyens de transport, ou encore l’accueil hôtelier. Au 11e étage de Digital Beijing, ce slogan s’affiche: «Aux jeux Olympiques, il n’y a pas de deuxième chance». «Question clé» Connus ou encore inconnus, les risques sont analysés. A chaque système informatique sa solution de rechange: un plan B, un plan C, voire un plan D. «Nous disposons d’un nombre très élevé de solutions de repli. Nous devons être prêts à apporter une solution au moindre problème, qu’il ait été anticipé ou non», explique Patrick Adiba, vice-président de la multinationale chargé des jeux Olympiques et des grands événements. L’un de ces fameux plans B n’est rien moins que l’existence, dans un lieu tenu secret à Pékin, d’une base de données identique à celle contenue dans l’immeuble Digital Beijing, prête à être activée en cas d’incident. Atos Origin a la responsabilité des systèmes informatiques olympiques depuis les Jeux d’hiver à Salt Lake City en 2002. Son contrat prévoit qu’il équipera les sites des jeux d’hiver de Vancouver en 2010, et des jeux d’été de Londres en 2012. «C’est à Salt Lake City que la sécurité des systèmes informatiques est devenue pour la première fois une question clé», explique M. Adiba. «Depuis lors, c’est une course constante aux nouvelles technologies et aux nouvelles techniques, et un peaufinage constant des systèmes. Ce sera certainement le cas à Vancouver et à Londres», prévoit-il. Jeremy Hore, ingénieur intégrateur en chef, explique que la mise au point d’un système si complexe passe par des tests constants. «Nous testons, nous testons, et nous retestons. Il y a environ 200.000 heures de tests en tout. Nous ne testons d’ailleurs pas seulement les systèmes informatiques, mais aussi les gens qui les opèrent», dit-il.
Deux simulations grandeur nature ont déjà eu lieu pour mettre à l’épreuve le système, en octobre dernier, puis en janvier. Les opérations censées se dérouler sur 17 jours, la durée des Jeux, ont été compressées en huit journées de sept heures, de quoi soumettre l’infrastructure informatique à une pression multipliée, et mettre à l’épreuve sa capacité de résistance. En mars et en juin sont prévues d’autres simulations, orientées plutôt sur la capacité du personnel à encaisser la charge de travail attendue lorsque la compétition battra son plein. Une équipe «fantôme» sera chargée de mettre des bâtons dans les roues des équipes au travail, et de semer le chaos pour vérifier leur capacité à réagir à l’imprévu. «Chacun jouera le rôle qu’il est censé tenir pendant les Jeux, ce qui nous permet de voir si les employés sont prêts et bien entraînés», explique M. Hore.

•  Charles Whelan (AFP)

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *