Le taekwondo marocain à l’épreuve

Le taekwondo marocain à l’épreuve

Ils seront trois taekwondoistes aux 28èmes Jeux Olympiques qui se dérouleront du 13 au 29 août prochain à Athènes. Deux filles et un garçon. Il s’agit de Mouna Benabderrassoule (- de 60 kg), Mounia Bourguig dans la catégorie de plus de 67 kg et Abdelkader Zerrouri (+ 80 kg). Ces trois taekwondistes ont réussi à décrocher leur billet pour les J.O. d’Athènes en février dernier, lors des derniers championnats d’Afrique qui se sont déroulés dans la capitale égyptienne, le Caire.
Lors de cette manifestation continentale, 16 Africains se sont qualifiés aux J.O. (le vainqueur et le finaliste de chaque catégorie). Rguig, Benabderrassoule et Zerrouri se sont distingués dans leurs catégories respectives, volant la vedette aux autres taekwondoistes africains, égyptiens, algériens et tunisiens notamment.
Les trois ont donc remporté des médailles en or. Un quatrième Marocain était également en lice et avait de grandes chances de se voir qualifier au tournoi olympique. Fayçal Ben Talib de son nom a en effet buté aux demi-finales de cette compétition.
Le combat était pourtant bien engagé pour le Marocain, mais un coup subit qu’il a reçu en plein visage a renversé la vapeur en sa défaveur. Il est à signaler que ce taekwondoiste était disputé entre deux fédérations, la marocaine et l’allemande, puisqu’il détient la double nationalité. Les responsables allemands ont longtemps refusé de le laisser combattre sous les couleurs nationales malgré son désir de faire partie de la sélection marocaine. Ce n’est qu’en décembre 2003 que la fédération européenne a finalement cédé.
Le trio marocain partira donc à Athènes pour représenter pas moins de 19.050 licenciés affiliés à la Fédération royale marocaine de taekwondo (FRMT). Le taekwondo est une discipline relativement récente puisqu’elle n’a été « créée » que dans les années cinquante. Elle n’a fait son entrée dans le cercle des sports olympiques que lors des Jeux de Sydney en 2000.
A l’époque, le taekwondo national était représenté par trois éléments: la même Mounia Rguig, Meriem Hidani et Youssef Kacem. Les trois taekwondoistes ont été obligés de quitter le tournoi olympique dès le premier tour, puisqu’ils ont tous perdu leur premier combat. Chose qu’ils essayeront d’éviter à Athènes.
En tout cas, c’est ce que les responsables de la Fédération royale marocaine de taekwondo prévoient. Ces derniers ont misé sur la préparation pour mieux représenter le Maroc. Depuis février dernier, les deux filles, installées au Maroc, et le jeune Abdelkader, qui vit en Belgique, n’ont cessé de prendre part aux différentes compétitions à l’échelle internationale.
La dernière en date a eu lieu au Canada où l’équipe nationale féminine s’est illustrée. Lors de ce championnat, Mounia Bourguig a remporté la médaille d’or de sa catégorie alors que Mouna Benabderassoule a glané la médaille d’argent.
En même temps, les éléments de l’équipe masculine se trouvaient aux Emirats Arabes Unis pour participer au tournoi international de Dubai. Une compétition durant laquelle Abdelkader Zerrouri a remporté la médaille d’argent après s’être blessé en finale de sa catégorie.
Mais ces résultats ne doivent pas cacher la réalité de cette discipline au Maroc, qui, à l’instar des différents sports de combat, souffre d’un manque terrible en moyens financiers et matériels. Les responsables fédéraux ne cessent en effet de déplorer l’inexistence d’intérêt de la part des sponsors. La seule aide dont bénéficie l’instance fédérale demeure la subvention du département ministériel de tutelle, qui s’élève à près de 900.000 dirhams.
L’essentiel des revenus de la fédération se constitue ainsi de cotisations des associations affiliées et de licences octroyées.

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