Le TAS guidé par une femme

Le TAS guidé par une femme

La glorieuse équipe d’antan, qui se trouve au bord du gouffre, continue de s’accrocher aux cordes du destin. Le TAS, club historiquement lié au quartier mythique de Hay Mohammadi se trouve depuis longtemps à l’ombre de l’actualité footbalistique. Cependant, un fait de taille vient de marquer le début de saison chez le TAS. Le bureau dirigeant vient d’élire une femme à la tête du club. Madame la présidente s’appelle désormais Samira Zaouli. Un nom inséparable avec le TAS. Il s’agit de la fille cadette de Feu Larbi Zaouli qui s’était entièrement consacrée au TAS jusqu’à son dernier soupir. Plus de seize ans après la mort de Ba Larbi, sa fille prend le gouvernail du bateau meurtri du club casablancais. C’est la première femme présidente d’un club de football dans le monde. Elle est connue pour son attachement sans faille au club, et sa présence constante en son sein. Raison pour laquelle d’ailleurs les membres du bureau ont jugé adéquate la présidence du TAS par Samira. Sauf que la conjoncture générale lui fait défaut. Si toutes les potentialités du club et le public reconnaissent à Samira son dévouement à la cause du TAS, la réalité est loin de promettre un quelconque épanouissement du moins à moyen terme. Les préparatifs et les entraînements n’ont commencé qu’une semaine avant le début des compétitions. Un grand nombre de joueurs n’ont toujours pas rejoint les effectifs car les promesses leur ayant été données la saison dernière n’avaient pas été respectées. Le complexe sportif qui porte le nom de Larbi Zaouli ne profite pas à l’équipe du TAS. Les responsables «communaux» ferment les vestiaires à clé obligeant ainsi les joueurs à se changer en plein air pour aller ensuite au hammam public. Depuis quelques années déjà, le TAS ne doit son salut qu’à l’aide personnelle du gouverneur et du dévouement de certains anciens éléments du club et à leur tête l’entraîneur Abdellah Zaki. Cela fait trois ans que le TAS patauge au rythme des circonstances. Pourtant, il existe plusieurs personnages dévoués à l’équipe du Hay Mohammadi et qui sont prêts aux sacrifices pour la promotion de l’équipe dont ils redoreraient le blason en l’espace d’une seule saison. Malheureusement, les sensibilités personnelles et les conflits dérisoires qui sévissent parmi les membres finissent par décourager plus d’un. Le problème s’articule particulièrement autour des moyens financiers et l’absence de sponsors. Personne ne peut imaginer qu’à l’heure actuelle, le TAS ne dispose même pas d’assez de ballons pour l’entraînement !! Que dire alors des maillots et des souliers ? D’un autre côté, pour qu’un départ soit prometteur, toute équipe a besoin de recruter certains talents pour renforcer ses effectifs. Le TAS se trouve dans la quasi-impossibilité de s’offrir les services de certains joueurs expérimentés. Cette même équipe qui disposait de la plus grande réserve de joueurs sur le plan national. Toutes les grandes équipes marocaines avaient un joueur du TAS parmi leurs effectifs dans les années 60 et 70. Feu Larbi Zaouli entretenait parfaitement la pépinière pour que l’équipe en tire profit plus tard. Les Marocains d’un certain âge se souviennent que parmi la formation légendaire qui a représenté notre pays au Mondial de Mexico 1970, figurait un grand talent en la personne de Mouhoub Ghazouani, auteur du but du match nul contre la Bulgarie. Idem pour le pôle de la défense de la sélection nationale, qui avait gagné le seul trophée continental en Ethiopie en 1976, en la personne de l’arrière central Mehdi. De nos jours, le TAS agonise. La présence de Samira Zaouli en tant que présidente honore la femme de Hay Mohammadi et la femme marocaine en général. Mais serait-ce suffisant pour franchir les eaux troubles et les marécages dans lesquels navigue l’embarcation de l’équipe ? Seul l’avenir est capable de dévoiler jusqu’à quel point Samira réussira à synchroniser le rythme entre toutes les composantes de l’équipe. Rien qu’une entrée aux vestiaires pour motiver les joueurs risque de poser problème pour une femme. Un autre défi de plus à relever.

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