Le Tour de France miné par le dopage

Ce fut la joie pour Floyd Landis. Succéder à Lance Armstrong sur les routes du Tour de France était un rêve qu’il a tant convoité. Mais le rêve a viré au cauchemar. Contrôlé positif à la testostérone, une hormone utilisée depuis longtemps en Amérique pour développer les muscles, Floyd Landis risque d’entrer dans l’histoire en tant que premier vainqueur du Tour à être déclassé après l’arrivée. La fête sera donc gâchée, la crédibilité du cyclisme gravement remise en cause et la «Grande Boucle» assassinée par le dopage. La victoire de Landis serait-elle éphémère ? Son exploit n’était-il qu’une illusion ?
En attendant les résultats définitifs de la contre-expertise exigée par l’Américain, le Tour de France encaisse un coup dur. L’image même de cette prestigieuse épreuve, «la Grande Boucle», a été ternie.
Juste après l’annonce que l’Américain Floyd Landis a été contrôlé positif, France Télévisions Distribution a créé la surprise en annulant la sortie du DVD «Tour de France 2006 ».  «Face à cette situation inquiétante pour le milieu du cyclisme, France Télévisions Distribution a pris la douloureuse décision d’annuler la sortie du DVD Tour de France 2006», peut-on lire sur un communiqué émanant de cette entreprise.
Le Tour a perdu de son panache laissant loin derrière lui ses années glorieuses. Le scandale a eu l’effet d’un pavé dans la mare et les ondes de choc risquent d’ébranler le monde du cyclisme. La «Grande Boucle» agonisait, tandis que la presse de l’Hexagone préparait ses funérailles.  
Sous le titre "Hypocrisie", le journal français Libération estime que «la lamentable affaire Landis (…) fiche tout par terre et prouve, comme s’obstinent à le crier quelques Cassandres, que le milieu cycliste est atteint d’une maladie incurable». «A quelques moutons blancs près, le vélo est accro, les officines médicinales tournent à plein régime et tout le reste n’est qu’hypocrisie et mensonge», poursuit le quotidien socialiste. "Landis positif, la fête gâchée", a titré à la Une l’Humanité, avant de surnommer Landis "Le maillot jaune du dopage".
De son côté, le quotidien conservateur "Le Figaro" affirme que, «jeté sur le devant de la scène, au cœur d’un été brûlant, le conte de fées du lieutenant de Lance Armstrong, qui doit se faire opérer de la hanche droite en août, pourrait n’avoir été qu’éphémère»
Le Tour de France qui a été créé en 1903 par Henri Desgrange, fondateur de L’Auto (ancêtre du quotidien sportif L’Équipe), avait pour objectif de concurrencer les courses Paris-Brest-Paris (sponsorisée par Le Petit Journal) et Bordeaux-Paris (parrainée par Le Vélo). La discipline imposée par Henri Desgrange entre 1903 et 1930 a tant donné pour la légende de l’épreuve.
Cependant, le dopage a toujours été un problème récurant du Tour. Le décès de Tom Simpson sur la route du Tour le 13 juillet 1967 était un véritable électrochoc pour tout le monde : coureurs, organisateurs et spectateurs. C’est alors que les premiers contrôles anti-dopage ont été mis en place. En 1998, le scandale Festina éclate. Une affaire qui a mis en lumière la participation active du staff médical des équipes au dopage des coureurs. Après ce scandale, les contrôles ont été renforcés. Malgré ces précautions, le dopage a sali l’image de la « Grande Boucle ». Aujourd’hui, si la contre-expertise confirme les premiers tests effectués sur Landis, cette affaire donnera le coup de grâce à une épreuve qui se meurt.

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