«Le travail de fond négligé»

Aujourd’hui Le Maroc : Quelle est la mission d’un entraîneur de basket-ball?
Wreight Sterling : L’entraîneur est un élément qui réunit les divers volets qui composent une équipe.
A la fois architecte, stratège, moteur de motivation et confident, il est, par-dessus tout, un professeur procurant à ses joueurs la structure nécessaire pour gagner, car la victoire est le but cherché de tout entraîneur.
Comment arrivez-vous à concilier entre la préparation de l’équipe nationale et celle du WAC ?
Je suis un professionnel. Cette situation, je l’ai déjà connue à maintes reprises dans plusieurs pays dont le Maroc et au sein du Comité Olympique International (CIO). Il s’agit de savoir être flexible et d’être capable de s’adapter à ce genre de situation tout en traçant un programme adéquat sans trop se dépenser et de manière à pouvoir être fructueux d’un côté comme de l’autre. C’est de cette manière que l’on pourra satisfaire tout le monde.
Que pensez-vous des deux défaites enregistrées consécutivement par le WAC face au Raja et le TSC ?
Tout d’abord, cela ne fait que moins d’un mois que je suis là. Le WAC traverse une période transitoire après le départ de plusieurs de ses titulaires. Par conséquent, nous allons donner le meilleur de nous-même pour redresser la barre. Car heureusement, nous ne sommes qu’en début de championnat et rien n’est encore joué. A vrai-dire, ce début de saison n’a pas fait de cadeau au WAC avec cette erreur de programmation.
L’état d’esprit au sein du WAC est-il satisfaisant ?
Oui, bien sûr. Le fait que je sois parmi eux a donné un sang nouveau à cet effectif très jeune qui ne tardera pas à se manifester, car l’art de rendre tout le monde heureux, nous en disposons.
Etes-vous satisfait de l’effectif qui est mis à votre disposition pour pouvoir reconquérir le public qui a, en quelque sorte, boudé la salle du WAC ?
Le public doit être patient car nous sommes en train de construire une équipe qui va répondre à ses aspirations.
Le public veut des résultats, il ne peut attendre.
Dans ce cas-là, s’il ne veut pas attendre, tant pis. Le WAC n’est pas un snack. C’est un tagine qui doit être préparé soigneusement et avec tous les moyens dont nous disposons pour qu’il puisse plaire à tout le monde.
Le basket a fait des pas de géant dans les pays arabes et africains. Quelles sont, à votre avis, les carences du basket-ball national ?
Tout d’abord, il faudra créer des centres de formation et des écoles de basket-ball tout en procédant au recyclage permanent des encadreurs. Comme cela, tout entraîneur va travailler avec les éléments qui ont bien assimilé le fondamental du basket. A cet effet, il va axer son travail sur les problèmes technico-tactiques purs. Ensuite, l’infrastructure reste pauvre au Maroc. Avec cela, on ne peut s’attendre à de meilleurs résultats. Troisièmement, il y a un manque de compétition au niveau des jeunes. Hormis la ligue de la Chaouia, tous les autres clubs jouent un ou deux matches par saison, ce qui est très insuffisant pour développer l’esprit de compétitivité chez nos jeunes.
Et au niveau de l’équipe nationale ?
C’est un peu la même chose car les clubs négligent ce travail de fond, d’une part, et le manque de compétition, d’autre part. Dans ce contexte, il faut que la fédération prépare un projet à long terme pour l’équipe nationale.
Pour ma part, je vais travailler avec une dizaine de joueurs que je vais sélectionner sans toutefois changer les visages et tout en restant en contact permanent avec les entraîneurs des clubs pour qu’ils puissent s’entraider de manière à mettre sur pied une équipe nationale apte à hisser haut les couleurs marocaines dans tous les rendez-vous internationaux.
Pour ce qui est du tournoi d’Alger (remporté par le Maroc, Ndlr), auquel nous allons participer, le niveau n’est certes pas très relevé, mais il reste un moyen de juger l’équipe nationale.

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