Le vent fait des stars à Dakhla

Le teint est bronzé, les cheveux longs et frisés. Lui, c’est Rachid Roussafi, fierté nationale en matière de surf et sports associés. Il est le premier africain et arabe à concourir dans cette discipline aux jeux olympiques de Sydney en 2000. Autant dire que les vagues n’ont pas de secrets pour lui, et pas uniquement celles des plages marocaines. En quelques années de carrière professionnelle, Roussafi aura parcouru le monde entier et visité les destinations les plus exotiques, de Hawaï à la Nouvelle Calédonie et l’Australie, en passant par toute l’Europe, une bonne partie de l’Amérique Latine, notamment le Brésil, le Japon et les l’ÃŽle Maurice. Il n’en reste pas moins d’un tempérament calme et d’une extrême timidité. Né en 1971 à Youssoufia, d’un père qui travaillait dans les phosphates et d’une mère qui occupait le poste de secrétaire, il se voit obligé de quitter la ville pour Agadir après la séparation de ces parents. C’est là, à l’âge de 11 ans, où il découvre la mer. Le surf et le windsurf ne tardent pas à l’attirer. Il s’entraîne et pratique en amateur. Il participe à sa première compétition à Maui Hawai où il se classe 4ème. c’était en 1994, date à laquelle une grande marque de vêtements de sports, spécialisé dans cette discipline, s’intéresse à lui. Il part une année après à Hawaï, où il séjourne jusqu’en 2000, avec une moyenne de 6 mois par an, le reste du temps étant consacré aux compétitions internationales. Ses efforts seront couronnés en 2002, année où il se voit 4ème mondial en kite-surf, après plusieurs étapes de compétition. Dakhla est pour lui «un des meilleurs endroits du monde». «J’ai découvert la ville en 1987. Depuis, je m’y rends régulièrement. Mes visites sont devenues de plus en plus fréquentes ces dernières années. En 2001, j’ai décidé de m’y installer», déclare-t-il. En juin 2003, il ouvre un centre baptisé Dakhla Attitude (www.dakhla-attitude.com) dédié au Windsurf et kitesurf et qui draine des aficionados des quatre coins du globe, même si la fréquentation demeure pour l’heure assez limitée. «Une moyenne de 20 amateurs des sports de glisse se rendent à Dakhla par mois. Je travaille actuellement sur la promotion du spot », précise Roussafi. Entre attendant, les magazines spécialisés se chargent, par les différents reportages, aussi bien écrits que filmés, de communiquer sur un «spot» que peu de marocains connaissent. Un numéro spécial sur Dakhla du magazine Wind, un DVD tout aussi spécial à l’appui et sorti en mai 2003, a été vendu à plus de 50.000 exemplaires avant d’être en rupture de stock. « D’autant que les amateurs de ce sport sont, à eux tous seuls, un petit monde. Sachant les attraits que représente le site, ils veulent tous être les premiers privilégiés, ceux qui le pratiqueront en premier », ajoute Roussafi. Populaire, Rachid Roussafi l’est bel et bien. Il est même devenue une personnalité publique, par son engagement pour le développement de la région, plus ventée que jamais. Quelques mesures d’accompagnement se font d’ores et déjà sentir. «Dakhla était un véritable champ de plastique, il y a à peine un an. L’effort des autorités locales a été tel que le spot s’est radicalement métamorphosé. Rendu plus propre, la ville et ses plages sont mon sujet favori quand l’envie de frimer me prend», affirme Rachid Roussafi sur un ton on ne peut plus sérieux. Lui qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Son objectif est de rendre cette discipline plus populaire chez les jeunes marocains. « J’ambitionne de créer une cellule pour les jeunes de Dakhla, où aussi bien le matos que l’encadrement seraient disponible. Il faut expliquer à nos jeunes qu’il est possibles de percer dans ce domaine. Un effort de communication à l’échelle nationale est une condition sine qua non pour que cela arrive un jour. Moi, j’y crois, tant qu’il y aura du vent dans ce pays», conclue-t-il. Et quand le vent, indispensable à la «navigation», se fait rare, sachez que Rachid Roussafi est parti…pêcher. Bon vent !

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