L’écurie Prost Grand prix mise sous liquidation

Cette décision radicale est assortie d’une prolongation de l’activité de l’entreprise pendant quinze jours. Le temps qu’il faudra pour mener à son terme le processus de liquidation judiciaire et afin de mettre en place une probable vente aux enchères du matériel.
Une solution de reclassement du personnel (195 salariés) doit être étudiée, mais l’ensemble des employés sera licencié.
Ni Alain Prost, le P-DG de PGP, ni Me Franck Michel, l’administrateur judiciaire nommé le 22 novembre, ne laissaient poindre beaucoup d’espoirs de poursuite des activités. «Nous sommes très proches d’une solution mais aussi d’une liquidation si les fonds ne peuvent être apportés rapidement» , estimait Me Michel. En guise de préambule, il prononçait la liquidation judiciaire de la Prostar, filiale s’occupant des F3000 (antichambre de la F1), mise en redressement en même temps que la maison mère. Le groupe d’investisseurs italiens qui s’est porté au chevet de l’écurie Prost n’a donc pas convaincu les juges versaillais de la viabilité de son projet de relance. Selon d’autres informations, les garanties financières exigées existaient bel et bien, mais la nature des fonds annoncés aurait posé problème, Alain Prost et le tribunal de commerce exigeant un minimum de transparence sur leur origine.
L’ère des «artisans passionnés» est bel et bien révolue. Place aux industriels conquérants. Pour les constructeurs, Ferrari, Renault ou Toyota (qui construisent leur propre voiture, du châssis au moteur), Mercedes, BMW, Honda (qui motorisent respectivement McLaren, Williams et BAR), la F1 est un laboratoire de haute technologie qui nécessite d’énormes moyens financiers. Il est généralement convenu que l’on ne participe pas sérieusement à une saison de F1 avec un budget inférieur à 75 millions d’euros. L’an dernier, Alain Prost a aligné un budget de 38 millions d’euros, dont 33,5 millions consacrés au seul achat des moteurs Ferrari, une soixantaine par saison. Même en ajoutant les 30,5 millions de déficit, on est encore loin du compte qui permet d’envisager un rôle dans la cour des grands.

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