Les champions confirment, sans forcer leur talent

Nul ne les en blâmera, mais les athlètes, pour la plupart au sommet de leur forme en août en Grèce, connaissent depuis un compréhensible relâchement. La réunion allemande en a pâti. Dimanche, une seule meilleure performance mondiale a été établie. La Bahamienne Tonique Williams-Darling, championne olympique sur 400 m, a signé le très bon chrono de 49 sec 07/100 qui lui a permis de rester invaincue cette saison en Golden League et de partager avec le Suédois Christian Olsson (triple saut) le jackpot d’un million de dollars (820.000 euros environ) offert aux athlètes ayant remporté leur épreuve lors des six réunions du circuit. À l’exception de Williams-Darling, les autres champions olympiques présents à Berlin n’ont pas dû forcer leur talent pour confirmer leur statut.
Les Russes Yelena Slesarenko (hauteur) et Tatyana Lebedeva (longueur), l’Américaine Joanna Hayes (100 m haies), la Cubaine Osleidys Menendez (javelot), l’Américain Timothy Mack (perche) et le LituanienVirgilijus Alekna (disque) se sont tous imposés avec des performances moyennes. « J’aurais voulu battre le record du monde mais le vent était vraiment trop fort, expliquait Slesarenko, vainqueur à la hauteur avec un saut à 2,00 m. « A Monaco dans une semaine (pour la finale du Grand Prix), je ne serai certainement plus au meilleur de ma forme. Car mon objectif cette année était d’être au top au moment des jeux Olympiques », poursuivait-elle, résumant ainsi l’état d’esprit de la majorité des athlètes. Seule championne olympique battue dimanche à Berlin, la Britannique Kelly Holmes (titrée sur 800 et 1500 m à Athènes) abondait dans le même sens. « J’ai vécu deux semaines de folie après Athènes. Cela a été dur de me préparer pour Berlin. Je me sentais bien, mais peut-être pas assez motivée », avouait-elle après sa défaite sur 1500 m, battue par la Russe Tatyana Tomashova, sa dauphine sur la distance à Athènes.
Les organisateurs allemands qui désiraient faire de la réunion de dimanche une belle propagande en vue de la candidature de Berlin à l’organisation des championnats du monde 2009 sont sans doute, comme les observateurs, restés sur leur faim. Les spectateurs n’auront guère eu l’occasion de vibrer et le stade olympique magnifiquement rénové ne s’enflamma guère malgré la présence de quelque 61.000 spectateurs. Ceux-ci se levèrent une seule fois : pour saluer « leur » Heike Drechsler qui disputait, à presque 40 ans, sa dernière compétition (à la longueur) sur le sol européen. Quant à la nouvelle piste bleue en tartan, elle semblait plus ravir les athlètes que les observateurs. « Je ne sais pas si elle est rapide mais elle est très agréable », indiquait le sprinteur jamaicainAsafa Powell.

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