Les hors la loi du football national

Les assemblées générales des clubs ont eu lieu au cours de l’été et n’ont pas failli à leurs anciennes habitudes où la cacophonie et les luttes d’intérêt ont supplanté la logique et le respect de la loi. Même si le règlement donne le droit de vote aux seuls adhérents, l’intrusion et le clanisme ont faussé les débats pour influer négativement le décompte final. De ce fait beaucoup d’équipes ont souffert ou continuent de souffrir de l’illégitimité de certains comités «élus» ou mis en place par la force… du contournement d’une loi sujette à caution. Le bureau du Groupement national du football (GNF) qui devait contenir ces débordements n’a pu que constater les dégâts sans pouvoir arrêter l’hémorragie. Son impuissance est telle que l’équipe de l’Union de Sidi Kacem (USK) roule depuis le début du championnat avec deux comités et deux équipes. Du jamais vu dans les annales du football national. Ce jeu d’enfants a débouché sur le ridicule quand l’USK s’est présentée au stade «Bachir» de Mohammedia avec deux équipes. Pour limiter les dégâts, les joueurs tombaient, tour à tour, comme des mouches feignant la blessure pour êtres évacués en dehors du terrain. Comme ils ne sont pas remplacés, les Kacemis n’étaient plus que sept sur le terrain, juste pour pousser l’arbitre à appliquer le règlement et arrêter le match avant son terme. Une parodie burlesque d’un football qui se veut capable de s’assujettir à la rigueur implacable du professionnalisme, force de constater qu’il y a loin de la coupe aux lèvres. La passivité déconcertante du bureau du GNF dans cette triste affaire, n’a d’égale que l’ambiguïté d’une loi qui permet aux fauteurs de troubles de provoquer une assemblée générale extraordinaire pour démettre un président, voire exclure les adhérents. Pour ce faire, il suffit d’appliquer partiellement… l’article 8 du règlement qui stipule que l’adhésion de 51 % des adhérents leur donne le droit de provoquer ces assises. Mais aussi bien à Sidi Kacem qu’à Mohammedia, qui a connu le même hold-up juridique, les instigateurs ont omis de faire allusion au deuxième paragraphe de l’article précité. Et pour cause, il exige la présence des deux tiers des adhérents pour que l’assemblée générale extraordinaire soit validée. Ce qui n’a pas été le cas ni à Sidi Kacem, ni à Mohammedia où curieusement deux membres du GNF ont joué un rôle prépondérant dans cette mascarade. Il s’agit de Mohamed Gartili et Mohamed Naciri. Le premier a validé, en tant que représentant du GNF, toutes les irrégularités de l’AGE du Chabab de Mohammedia pour faire plaisir à son copain et du coup essayer de réécrire le même scénario à l’USK. S’il a réussi à tenir une AGE et à devenir président du comité provisoire, il n’a pas, pour autant, pu se débarrasser de l’ancien comité qui tient à sa légitimité. Le comble, c’est que le GNF a appliqué la notion de deux poids deux mesures en cautionnant la légitimité de l’ancien bureau de l’USK tout en offrant son arbitrage pour un reglement à l’amiable entre les deux comités. En revanche, il a laissé son secrétaire général, Mohamed Naciri, agir à sa guise pour évincer le président Jamai, devenu un homme à abattre. En fait, c’est le football national, à travers ses clubs, qui souffre directement de la loi de talion de certains membres du GNFI qui la privilégient à la loi tout court.

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