Les joueurs, ça s’achète

La naturalisation des joueurs fait rage. Tout le monde connaît l’histoire de l’international marocain, Saïd Kharazi, naturalisé pour environs 2,5 millions de dollars. Inquiète du phénomène qui prend de plus en plus de l’ampleur, à tel point que certains de ces joueurs sont traités, dans leurs pays d’origine, de renégats, la FIFA, Fédération internationale de football, a fait savoir dans un communiqué qu’elle vient de publier qu’elle «était préoccupée par l’interprétation, qu’elle juge abusive, de sa récente réforme visant à favoriser les doubles nationaux, mais que certains pays utilisent pour tenter de se renforcer au travers de « naturalisations de complaisance ».
Face à cette nouvelle donne, les responsables de la plus haute instance footbalistique se disent déterminés à trouver la bonne solution pour mettre un terme à cette pratique « jugée contraire à l’esprit sportif ». La modification, en octobre dernier, de l’article 15 des statuts visait, en fait, à « préserver l’intérêt sportif ». Elle était destinée à permettre à un certain nombre de joueurs d’origine africaine, qui n’avaient jamais joué auparavant pour leurs pays d’adoption, de défendre le drapeau de leur pays d’origine.
Tel est le cas des Franco-Maliens Frédéric Kanouté et Lamine Sako, qui ont déjà joué pour l’équipe de France espoirs, mais sans jamais porter le maillot de l’équipe de France A. Grâce à cette modification, ils ont pu participer à la CAN 2004 sous les couleurs du Mali. Or, il se trouve que lors de la même Coupe d’Afrique des Nations, qui s’est achevée samedi dernier en Tunisie, cette réglementation a été détournée. Le cas le plus illustrant : le joueur d’origine brésilienne Dos Santos.
Un des artisans de la victoire de la Tunisie en finale face au Maroc (2-1), il a été naturalisé tunisien, juste avant le début de la CAN. Et ce n’est pas tout. D’autres risques de dérive existent bel et bien. Au Qatar, un projet de relance du football a été dernièrement mis en place. Le projet, confié à l’ex-entraîneur du Japon, Philipe Troussier, consiste à faire des offres financières à suer à des joueurs étrangers en contre-partie de la nationalité qatarienne. Ce n’est pas la première fois que ce pays procède à de telles pratiques. Ces dernières années, Qatar a montré qu’il savait s’offrir des champions de grosses pointures.
Dernier exemple en date : le Kenyan Steven Cherono, champion du monde en 3000 m, naturalisé qatarien quelques semaines avant le début des championnats du monde d’athlétisme qui se sont déroulés à Paris.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *