Les joueurs passent, les oeuvres restent

Les joueurs passent, les oeuvres restent

Le foot au Maroc, c’est une vieille tradition qui date de plusieurs dizaines d’années. Pour ceux qui ne la connaissent pas, et ce n’est pas de leur faute, mardi soir dernier, c’était l’occasion de découvrir toute l’histoire du football marocain. Ses auteurs aussi. Avec des images à l’appui. Cinq générations de joueurs, 50 ans de foot. Cette soirée, organisée par l’association « Maroc 2010 », avait pour objectif de rendre un grand hommage à tous ces joueurs qui ont défendu corps et âme les couleurs nationales et inscrit leurs noms en lettres d’or dans les annales du ballon rond mondial. Certes, une reconnaissance qui est venu sur le tard, mais il fallait rendre à Cesar ce qui lui appartient. Cinq films qui retracent l’histoire du football marocain d’avant et d’après l’indépendance jusqu’au mondial 86 au Mexique. Travail de fourmis, jamais réalisé auparavant.
Des témoignages émouvants de joueurs qui se rappellent, comme si c’était encore hier, des petits détails de ces belles pages de l’histoire du ballon rond marocain. Une histoire qui a commencé avec les années 50. Période avant l’indépendance marquée par toute une génération de grands joueurs, Benbarek, Belmejdoub, Stati, Akesbi, Bettach, Kacemi, Chtouki, Chinoua …
À l’époque, il n’y avait pas de chaînes numériques. On ne jouait pas le foot pour faire fortune, mais par amour. « On rassemblait des chiffons et des chaussettes pour en faire un ballon», se rappelle, avec beaucoup de nostalgie, Akesbi. Pour Kacem, le foot faisait partie de son quotidien. «Mon père quand il me voyait jouer au foot, il me frappait, mais cela ne m’a pas empêché de l’épouser à jamais », confie ce dernier, qui se rappelle encore du génie de la «Perle noir», Benbarek, de l’élégance de Belmahjoub, surnommé « le Prince du Parc» et de Chtouki. «Chtouki c’était en quelque sorte Copa», souligne Juste Fontaine, qui a côtoyé toutes ces grandes figures du football national. L’un des plus beaux souvenirs de la génération Bettach, Akesbi, Khalfi, Tibari, Tatoum, … c’est la rencontre comptant pour les éliminatoires du mondial 62, contre un gros calibre du football mondial, l’Espagne, en 1961. Contre Di Staphano, Puskas, Gento et compagnie, le onze national a, certes, été éliminé (0-1 à Casablanca et 3-2 à Santiago Bernabeu), mais il est sorti la tête haute. «Avant le match retour à Madrid, les Espagnols étaient surpris du résultat de l’aller. Ils s’attendaient à une écrasante victoire espagnole». Posant la question à Gento, ce dernier n’a pas mâché ses mots. «Vous allez voir jouer l’équipe marocaine à Bernabeu», confie Labyed. Mené par le yougoslave, Vedennic, le onze national, composé, entre autres, de Bamouss, Benkassou, Ghandi, Faras, Hoummane, allait atteindre son summum en devenant la première équipe arabe et africaine à se qualifier à une phase finale de la coupe du monde 1970 au Mexique. «On était comme une famille», fait remarquer Ghandi. Une coupe du monde durant laquelle ils sont parvenus à tenir la dragée haute face aux grands bonnets du football mondial : la Manschaft, menée alors par Muller, le Perou par Cobillas, et la Bulgarie.
L’année 76, c’était celle de la consécration des braves : la première Coupe d’Afrique en Ethiopie. Et la seule. Autre époque, autre génération, celle de Zaki, Bouderbala, Haddaoui, Krimou, Timoumi, Dolmi. Tous ces joueurs qui ont marqué l’histoire du football marocain avaient comme point commun: l’amour pour le maillot national.
Le travail de recherche effectué par l’équipe qui a préparé ce documentaire mérite d’être salué. Car c’est toute une histoire qu’on aurait aimé voir sur l’une de nos deux chaînes, ne serait-ce que pour la nouvelle génération, qui devient vivante. Et le sera davantage avec les Zairi, Chamakh Hadji et autres…

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