Les Marocains essoufflés

Mission non accomplie de l’athlétisme marocain, en voyage le week-end passé à Dublin où nos athlètes devaient disputer les mondiaux de cross-country, organisés à Dublin, en Irlande. Qui sème le vent récolte la tempête, mais qui ne sème rien ne peut s’attendre à rien non plus.
L’athlétisme marocain n’avait encore jamais été aussi modeste et décevant que cette année, et ce depuis l’édition de 1993 à Amorbeita (Espagne). Une seule médaille de bronze, remportée dans le cross long. Tel est tout ce dont on peut se targuer maintenant. Une médaille pour sauver l’honneur et ne pas rentrer bredouille. Ceci, dans une discipline qui a pourtant et longtemps fait la gloire de cross-country marocain. On se souvient d’un bon vieux temps où un certain Khalid Skah, surnommé le «Loup des parcours », en était le maître incontesté. Skah a été médaillé d’or en 1990 à Aix-Les-Bains (France) et en 1991 à Anvers (Belgique). À ces deux consécrations s’ajoute l’argent de Salah Hissou, couronné à deux reprises vice-champion du monde. Sans parler des quatre médailles d’argent décrochées par équipes de 1994 à 1997, et une de bronze en 1998 à Marrakech. Encore moins de l’édition de 1993 où l’équipe nationale Juniors a décroché la première de six médailles de bronze à son palmarès.
Cette ère est désormais révolue. L’équipe nationale n’a plus brillé depuis lors. Elle n’a même pas pris part à la dernière édition disputée à Ostende en Belgique.
À Dublin, même si présente, le résultat n’a pas été meilleur pour autant. Dans le cross-long masculin, l’occasion de disputer une deuxième place a été ratée. Saïd Berrioui et Larbi Khattabi ont dû se contenter, respectivement des 21e et 27e places. De son côté, l’équipe nationale féminine du cross court a affiché sa plus mauvaise performance depuis l’inscription en 1998 de cette épreuve au programme des Mondiaux à Marrakech. La première Marocaine à l’arrivée a été Bouchra Chaâbi. Sa douzième place ne pouvait évidemment pas lui permettre d’être parmi les médaillées. Ses coéquipières n’ayant pas été à la hauteur, le rendement du groupe dans le classement par équipes en a pâti, sachant que le Maroc a été champion du monde de l’épreuve en 1998. S’exprimant sur les résultats enregistrés par ses poulains, le directeur technique national, Lahcen Akka Samsam, a estimé avoir réussi l’essentiel en gagnant le pari d’une médaille. «Lors de l’avant-dernière édition, cette équipe avait terminé neuvième alors que l’année dernière elle n’avait même pas participé ». Et d’ajouter: «Il a été décidé de constituer une équipe masculine de cross long et on n’a pas démérité». L’équipe nationale juniors garçons, quant à elle est conduite par Atef Ajebli, sociétaire du club français de Monpellier, n’a pu aller plus loin que la 5e place qu’elle a occupé lors de l’édition d’Ostende. Elle s’éclipse ainsi, pour la 4e fois successive, du podium. Le titre de cette épreuve est revenu à l’athlète éthiopien Haile Gebremariam qui a devancé le Kenyan Abel Cheruiyot et l’Ougandais Kiprop Boneface. Par équipes, le Kenya s’est adjugé sa 14e médaille d’or depuis 1973. En s’imposant sur le cross long (12 km) et le cross court (4 km), le grand espoir du fond, l’Ethiopien Bekele, a réussi le doublé dans une première de l’histoire du cross-country masculin. Le titre de Bekele est le troisième de l’Ethiopie en individuel après ceux de Mohamed Kadir en 1982 et de Bekele Debele l’année d’après.
Pour revenir au Maroc, une chose semble d’emblée certaine : l’athlétisme marocain est agonisant. La décadence, due selon certains cadres techniques nationaux au manque de sérieux et l’absence de sérénité et de discipline, n’a plus de freins. Une opinion que partagent les athlètes eux-mêmes. À moins d’une potion magique, ce qui relève que d’un défaitisme puéril, ou un véritable travail de formation pour les athlètes, le statu-quo risque de perdurer.

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