«Les moyens, c’est la garantie»

ALM : Depuis le G.P Hassan II, qu’est devenu Mounir Laâraj?
Mounir Laâraj : Je me tiens à l’ombre en quelque sorte afin de me préparer pour les tournois à venir. Il faut dire que ma position (400e mondial) ne me permet nullement de disputer de grands tournois, à l’image des trois mousquetaires. J’ai arrêté pendant deux mois, ce qui m’a fait perdre beaucoup de points.
Cet été, j’ai gagné deux tournois en Espagne qui m’ont permis de reprendre confiance en mes capacités. La première était à Santander et la deuxième à Alicante. J’ai aussi disputé le quart de finale de l’open de Valence. Je ne peux pas parler de réussite dans la mesure où je sens que je peux faire mieux. En attendant, je m’entraîne sérieusement pour préparer les prochains rendez-vous. Etre au Maroc, parmi de grandes raquettes aussi bien nationales que mondiales, m’aide beaucoup à m’améliorer.
C’est pour cela que vous vous entraînez souvent avec El Aynaoui ?
Le grand talent et l’expérience d’El Aynaoui sont un modèle pour moi. Sa force de caractère, son envie de gagner, la rage de vaincre qui l’anime, la grande technicité dont il dispose font de lui un tennisman exemplaire. M’entraîner avec lui est un réel plaisir. J’apprends beaucoup avec lui et je ne suis pas le seul. Il y a aussi Mahdi Tahiri. Il nous aide beaucoup. Sa présence me redonne confiance. Je suis conscient qu’il s’agit là d’un grand avantage et je compte bien en tirer le plus de profit possible. Mais ce sont des problèmes d’un autre ordre qui m’empêchent d’aller plus loin ?
L’absence de moyens, par exemple ?
Surtout. Au jour d’aujourd’hui, je ne dispose pas de sponsor. Je me bats tout seul. Je gagne de l’argent en gagnant des tournois. C’est la seule façon pour moi de voyager et d’assurer une présence dans les différentes compétitions. Sinon, je reste géographiquement limité. le tennis est un sport qui nécessite beaucoup de déplacements, un encadrement (coach, préparateur physique) permanent. Cela implique énormément de charges. A moi toit seul, et étant ainsi handicapé, je ne peux me surpasser. Mais ce n’est pas pour autant que je baisse les bras. Seulement, je fais du mieux que je peux avec ce que j’ai. J’ai maintenant 24 ans, je peux donc dire que le meilleur est encore à venir.
Il s’agit là d’une remarque qui revient sur les langues de tous les tennismen. Mais est-ce pour autant une garantie de bons résultats ?
Les moyens, c’est tout dans le tennis. On a beau dire que c’est un sport qu’on peut rendre populaire.
Comme pratique, oui. Comme choix de carrière, ce n’est pas évident. Les moyens ne sont pas une garantie de réussite, je vous l’accorde. Mais c’est une garantie de confort, de bon encadrement, de capacité matérielle, je dirais même physique, de pouvoir être là où il faut, quand il le faut. C’est cela qui peut donner confiance à un joueur. Et c’est malheureusement cela qui fait fuir beaucoup de parents de quelques grands talents tennistiques au Maroc. L’idée de devoir assumer toutes ces dépenses fait que beaucoup d’entre eux préfèrent envoyer leurs enfants faire des études aux U.S.A au lieu de les soutenir dans leur carrière sportive.
Que peut-on faire pour pallier cette situation ?
Les Marocains ont un talent naturel pour jouer au tennis. Avoir des écoles qui font de cette discipline leur cheval de bataille, sensibiliser les parents des jeunes espoirs, garantir un sponsoring des joueurs les plus brillants, et dès leur bas âge. Il n’y a pas de potion magique. C’est cette formule qui a créé des stars en Europe et en Amérique. Autrement dit, c’est cela ou rien. Nous avons la chance d’avoir des cadres fédéraux qui rendent, entre autres facteurs, la pratique du tennis possible au Maroc. Mais avoir des joueurs professionnels, ça passe aussi par plus d’implication de la part des sponsors.

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