Les prétentions de Hassan Benaâbicha

«Je n’ai plus envie d’être une roue de secours au Wydad de Casablanca. Dépanner le club après le départ d’un entraîneur étranger ne me dit plus rien», a déclaré Hassan Benaâbicha à l’issue de sa nomination en tant qu’entraîneur des Rouge et Blanc il y a quelques semaines. En effet, nombreux sont ceux qui ont donné ce surnom de «Roue de secours» au cadre technique national. Ils se sont souvenus d’un premier passage de Hassan Benaâbicha à la tête de la direction technique du club. C’était en 2001. L’Argentin Oscar Fullone avait alors quitté le Wydad et les membres du bureau dirigeant des Rouge et Blanc avaient fait appel à cet ancien joueur du club. Benaâbicha avait alors dirigé l’équipe lors des huit derniers matches du championnat.
Cette saison, les relations entre le bureau dirigeant et ce même Argentin n’ont cessé de se détériorer au fil des journées.
Le divorce a finalement été prononcé. Le franco-yougoslave, Zarko Olarevic en l’occurrence, l’a remplacé. Ce dernier n’a pas fait long feu puisqu’il a été limogé quatre semaines à peine après son arrivée. Les dirigeants du club ont alors fait appel à Hassan Benaâbicha. « Si j’avais refusé d’entraîner le Wydad, on m’aurait accusé de lâcheté. Or, j’adore ce club où j’ai toujours évolué. J’y entraîne toujours l’équipe juniors que j’ai pris en main en 1998 », précise-t-il. L’équipe a donc été confiée à ce cadre technique jusqu’à la fin de la saison en cours. Il refuse cependant de parler d’objectifs de contrat. «Je suis un fils du Wydad. Les dirigeants tracent des objectifs lorsqu’il s’agit d’un entraîneur étranger.
Avec un national, il n’est plus question que de gagner et de remporter des coupes», explique-t-il. Hassan Benaâbicha est d’ailleurs conscient de sa situation délicate. «Le Wydad et le Raja sont deux clubs extrêmement difficiles à entraîner, surtout pour un Marocain. Il pourrait gagner 29 rencontres en championnat et rater une seule sortie, le public ne le lui pardonnerait pas. Un étranger se permettrait plusieurs écarts, le respect qu’on lui doit n’en souffrira pas», note le coach wydadi. Serait-ce une sorte de complexe néo-colonialiste? «Sans aucun doute», répond Benaâbicha. Et d’ajouter : «Tout ceci ne m’intéresse pas. L’important pour moi est de bien mener l’équipe cette saison, de bien remplir ma part du contrat. Que les dirigeants du club me remplacent avant la fin du championnat ne m’affecterait nullement. Je retournerais alors à mes cadets et juniors dont je m’occupais jusque-là». En tout cas, l’enfant du Wydad est déterminé à marquer son passage au poste de coach de son club. «je dirais que je combat sur trois fronts : la Coupe africaine, le championnat du GNF I et la Coupe du Trône », assure-t-il.
Les résultats qu’il a obtenus le montrent d’ailleurs bien. Le club a remporté haut la main la première rencontre qu’il a jouée sous la houlette de Hassan Benaâbicha à Marrakech contre le Kawkab local (0-1). Une rencontre comptant pour la 22ème journée du championnat de première division du Groupement national de football. Les bons résultats se sont succédés depuis. Un nul à Nouakchott contre le Nasr Sabkha au premier tour de la Coupe africaine des vainqueurs de coupes dont le wydad est le tenant du titre, deux autres nuls à Casablanca contre les FAR et à Khouribga contre l’OCK en championnat.
Les poulains de Benaâbicha ont par la suite décroché un précieux nul à Benghazi face au Hilal en compétition africaine avant de revenir au terroir et battre la Jeunesse d’Al Massira par un but à zéro. Cette dernière lui a d’ailleurs permis de se maintenir dans la course au sacre final. La dernière sortie de Benaâbicha dimanche dernier a fait sensation. Son équipe a assuré haut la main sa qualification aux quarts de finale de la coupe africaine en battant en retour l’équipe libyenne 4-0. Et ce n’est que le début.

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