Les raisons d’une défaite

C’est désormais chose connue. Le Maroc est sorti honorablement de la coupe Davis. Alors que les deux équipes étaient à égalité (2-2), c’est Karim Alami qui, blessé à la cuisse gauche, a dû céder la rencontre en faveur de son rival, Alex Corretja. Selon le tirage au sort effectué avant la compétition, c’est Hicham Arazi qui devait, en principe, disputer ce match.
Les téléspectateurs marocains, déçus par cette élimination, se demandaient pourquoi Arazi n’a pas été maintenu, sachant que c’était à lui de faire ses preuves lors de ce match. La rumeur est allée bon train et on s’est même mis à parler de querelle entre le tennisman marocain et son capitaine d’équipe, Amine Ghissassi. Un conflit suite auquel la décision de remplacer Arazi aurait été prise. Comme à chaque fois, la vérité est ailleurs.
Loin d’avoir une dimension extra-sportive, le changement de joueur n’a été que suite au désistement de Arazi de son propre gré de cette rencontre. Les Espagnols ne lui réussissant pas, on en a pour preuve les statistiques sur ses défaites face aux tennismen espagnols, il a préféré passer la main à Alami, brillant lors du double qui l’avait opposé, ainsi qu’Arazi, à Corretja et Juan Balcells.
Une rétraction jugée par Mohamed Mjid, président de la fédération royale marocaine de tennis comme étant démocratique. « La décision a été prise en parfait accord entre le capitaine d’équipe et tous les joueurs marocains . Arazi ne se sentait pas en forme. La prestation en double de Alami a été saluée par plus d’un. Il connaît mieux les Espagnols. Il était donc logique de procéder un à tel changement. Les joueurs le voulaient», souligne le président de la fédération.
Certes, entre Hicham et Ghissassi, la parfaite harmonie n’est pas de mise, ce qui a été derrière les dires de certains. Le malentendu ne date pas d’aujourd’hui et personne n’est sans savoir le tempérament caractériel du tennisman. On voyait même ce dernier qui tournait le dos à son capitaine d’équipe lors de cette compétition, une attitude pour le moins déplacée vis-à-vis d’un capitaine qui a fait ses preuves à maintes occasions, notamment en Belgique lors des matchs barrages, joués en septembre dernier, qui ont permis à la formation nationale d’accéder au groupe mondial. Mais les rapports personnels entre les deux protagonistes sont loin d’être la raison du remplacement de Arazi. Pas cette fois.
Le choix a été purement technique. Le retour de Alami a par ailleurs été des plus convaincants même si son classement actuel, 124e, ne s’y prête pas. On retiendra également, et surtout, cet esprit de solidarité et d’abnégation dont ont fait montre les tennismen marocains. Un esprit qui doit prévaloir sur toute autre considération.
À l’image d’un magique Younès qui n’a pas manqué de sortir son meilleur jeu pour remporter ses deux matches de simple. Les moyens de revenir parmi le gotha du tennis mondial, en septembre prochain, sont là. Il faut y croire.

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