Les soucis de la petite reine

C’est devenu presque un évènement quand on entend parler de l’organisation d’une course cycliste. Cela fait un bail que cette discipline a sombré dans l’anonymat après avoir occupé les devants de l’actualité. C’est pourquoi le Grand Prix du FUS organisé dimanche dernier à Skhirat-Temara, est venu rappeler les bons souvenirs d’un vélo jadis florissant.
Cette course a été remportée par le Kenitréen Kharbouchi qui a devancé le Fussiste Akibi et le Wydadi Rahili respectivement classés deuxième et troisième. Le coureur du club cycliste de Kenitra est venu confirmer la suprématie déjà confirmée en équipe nationale des cyclistes de cette ville. Cela suppose aussi que les dirigeants de ce club ont entamé un bon travail de restructuration de cette discipline qu’il faut généraliser à tous les clubs du Royaume.
Le dernier tour cycliste du Maroc a en effet démontré que ce qui reste de notre vélo est concentré dans l’axe Casablanca-Kenitra. Ailleurs tout a crevé à l’instar d’une équipe nationale qui a été vidée de toute sa substance depuis la dissolution de la fédération en 1993.Depuis cette date, le comité provisoire a géré le vide dans un désordre indescriptible en mettant un arrêt fatal au tour du Maroc cycliste. Un tour dont la renommée a fait le tour du monde dans les années soixante , soixante-dix voire au début de la décennie 80. Malgré les luttes d’intérêt qui ont longtemps caractérisé les dirigeants de la fédération, ce tour a réussi à se forger de solides assises tant en matière d’organisation que de participation des coureurs étrangers. Sa renommée était telle que les meilleurs cyclistes du monde ont longtemps escaladé les cols de Tizi N’test, Tizi N’Tischka et Tizi N’talghant.
Les Russes, les Suédois, les Français, les Hollandais et bien d’autres Européens participaient et revenaient souvent courir ce tour qui a engendrer beaucoup de champions. Ce faisant le cyclisme national a pris des galons quand plusieurs cyclistes nationaux ont commencé à rivaliser avec les meilleurs professionnels de l’Europe.
Le public marocain tout admiratif n’avait d’yeux que pour Mohamed El Gourch, Abderrahman Farak, Mustapha Nejjari et bien d’autres champions qui ont réussi des exploits inoubliables.
Le tour a pris de l’envergure, les sponsors ont mis le paquet et par conséquent les dirigeants de la fédération ont commencé à s’affronter pour leurs intérêts personnels. L’argent a travesti ce sport devenu malade avant d’agoniser pendant plus de huit ans.
L’année dernière on a essayé de le ressusciter par un tour du Maroc qui est passé presque inaperçu.
Un sursaut d’orgueil qui a été atomisé par une organisation catastrophique, une équipe nationale abandonnée à son sort et des moyens dérisoires. Ce qui a fait dire à Nejjari qu’il ne faut attendre au moins cinq ans pour pouvoir organiser un tour du Maroc digne de ce nom.

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