L’Espagne en demi-finales sans convaincre

Mieux vaut gagner sans panache que perdre brillamment, se réjouit lundi l’Espagne après sa victoire tactique sur une spécialiste en la matière, l’Italie, en quart de finale de l’Euro 2008. Cesc Fabregas a offert la victoire aux siens à l’issue de la séance de tirs aux buts après deux arrêts du gardien espagnol Iker Casillas, sur les penalties de Daniele De Rossi et Antonio Di Natale, contre un seul à Gianluigi Buffon.
L’Espagne, seule équipe à avoir terminé première de poule qualifiée pour les demi-finales, retrouvera jeudi à Vienne la Russie, qu’elle avait battue 4-1 pour son premier match du groupe D, le 10 juin.
La Russie s’est qualifiée samedi en éliminant les Pays-Bas 3-1 en prolongation, à Bâle. «Nous avons eu des occasions de but, les Italiens aussi. À la fin, cela se joue à la loterie», a déclaré Casillas. «Mais de notre point de vue, le résultat est justifié». «Nous sommes tous très heureux, cela faisait tellement longtemps que notre équipe n’était pas allée au-delà des quarts de finale».
C’est en effet la première fois depuis l’Euro 1984 (défaite en finale face à la France 2-0) que les Ibériques atteignent le dernier carré d’un tournoi majeur. De son côté, Roberto Donadoni a exprimé sa fierté à l’égard de ses joueurs, les invitant à «quitter (l’Euro) la tête bien haute. Ils ont donné tout ce qu’ils avaient. Nous devrons vivre avec cela. Au coup d’envoi, Luis Aragones alignait une équipe en tous points conforme à celle qui avait battu la Russie (4-1) et la Suède (2-1) lors des deux premiers matches du groupe D, avec notamment son fameux duo d’attaquants David Villa-Fernando Torres. À l’inverse, Roberto Donadoni devait faire sans ses milieux de terrain Gennaro Gattuso et Andrea Pirlo, suspendus, qui étaient respectivement remplacés par Massimo Ambrosini et Alberto Aquilani. Dès l’entame, le match virait à la bataille tactique attendue. La possession de balle était à l’avantage des Espagnols, mais le milieu de terrain très compact des Italiens muselait parfaitement leur jeu court et les empêchait de se projeter vers l’avant.
De l’autre côté, Luca Toni, trop seul sur le front de l’attaque, peinait à récupérer les longs ballons de ses partenaires si bien qu’au quart d’heure de jeu, on ne comptait toujours pas la moindre occasion de but. À la 25e minute, un coup franc de 25 mètres plein axe de David Villa, meilleur buteur de l’Euro avec 4 réalisations, prenait le chemin des filets mais il était bien capté par l’impeccable Gianluigi Buffon. La seconde période commençait comme la première avait fini, sur un faux rythme confirmant que ce match était le plus tactique des quatre quarts de finale. En prolongation, les hommes de Luis Aragones poursuivaient leur domination mais se montraient toujours aussi maladroits dans le dernier geste. Les dernières escarmouches ne changeaient rien et l’inéluctable séance de tirs au but décidait du sort de ce quart de finale. Casillas, meilleur que Buffon, offrait la victoire à l’Espagne. 

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